jeudi 8 novembre 2018

L'Anglaise des LNFU !

Une nouvelle Loge est née au sein des Loges Nationales Françaises Unies : L'Anglaise n° 6 - dans la filière mixte (LNMF).

Cette Loge travaillant au Rite Anglais style Emulation se réunit deux fois par mois à l'orient de la côte bleue entre Sausset-les-pins et Gignac-la-nerthe.

Voici l'historique de cette Loge que l'on peut retrouver sur le site de la Loge - dans lequel vous trouverez également ses futurs travaux :
"Tout d'abord, il va s'en dire que la Loge L'Anglaise des LNFU ne possède aucun lien de parenté avec la Loge L'Anglaise crée à Bordeaux dans les années 1730. 
Pour raconter la naissance de l'Anglaise, il faut évoquer de belles histoires de fraternité.
Ainsi, au tournant des années 2000, dans le Sud-Est de la France, à Marseille, un groupe de frères et de sœurs de toutes obédiences décida de se réunir afin de travailler autour des articles parus dans la revue d'étude symbolique et historique Renaissance Traditionnelle.
Dans ce groupe, nommé Les Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle, un frère, Dominique, réalisa la lecture d'un article de Jacques LECHELLE consacré à l'une des plus anciennes loges françaises du XVIIIe siècle : L'Anglaise de Bordeaux. 
Moins de 10 ans plus tard, lorsqu'une Loge Emulation commença ses travaux aux environs de Toulon, ce frère faisait partie des fondateurs. Cette Loge se nommait : Gérard GEFEN, en hommage à un frère de la Loge Nationale Française qui avait activement participé au développement du rite anglais au sein de cette fédération de Loges. 
Tout naturellement, le frère marseillais eut envie, avec d'autres frères de fonder une Loge Emulation, sur Marseille, et souhaitait, à titre de clin d'oeil, proposer le nom de "L'Anglaise". 
Or, la loge toulonnaise fut mise en sommeil. Afin d'honorer la mémoire de celui dont la Loge toulonnaise avait porté le nom, la nouvelle Loge Emulation de la LNF à Marseille qui fut créée reprit ce nom de : Loge Gérard GEFEN N°29. 
Presqu'une décennie passa à nouveau, et en 2015, la Loge Nationale Mixte Française fut instaurée. Avec elle, une Loge mixte : Le Cèdre et les pensées naquit à Marseille. 3 années passèrent, et des frères de la Loge Gérard GEFEN eurent l'envie de créer, à leur tour, une Loge mixte, mais cette fois dans la zone de la Côte Bleue. Un groupe de travail se forma alors. 
Lorsqu'il fallut trouver un nom à ce groupe de travail, un autre frère des Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle se souvint de la proposition de nom formulée quelques années auparavant. Et, à son tour, en hommage au frère qui l'avait suggéré, proposa le nom de L'Anglaise. 
Cette fois, à l'unanimité, le nom fut adopté."
Si vous souhaitez la visiter, cliquez sur ce lien.

dimanche 4 novembre 2018

Programme 2019 Renaissance Traditionnelle

La revue Renaissance Traditionnelle vient de diffuser la communication ci-dessous à tous ses abonnés et correspondants, mais qui s'adresse en réalité à tous ! 
"Chers Lecteurs, 
L'année est sur le point de se terminer avec un n°192 consacré à "l'Écossisme". Notre Comité de rédaction a validé un contenu ambitieux (ce qui n'est pas fait pour accélérer notre parution !) : le rédacteur en chef, Pierre Mollier, évoquera les débuts de l'Écossisme avec le rituel suédois de Maître Écossais de Frederik Horn, les sources juives et chrétiennes de la légende de la Voûte, et la légende de l'apôtre Saint-André. Roger Dachez – directeur de la publication – présentera un rituel manuscrit de Maître Écossais de Saint-André daté de la main de J.B. Willermoz de l'année 1802 (revenu de Russie il y a 15 ans, et qui réserve des surprises !), et Paul Paoloni les tout débuts de la propagation du grade d'Écossais, et ses liens avec l'installation du Vénérable Maître. 
Suivront des recensions d'ouvrages significatifs par Pierre Lachkareff, tels l'ouvrage d' Emmanuel Kreis, Docteur de l'Ecole Pratique des Hautes Études : Quis ut Deus ?: Antijudéo-maçonnisme et occultisme en France sous la IIIe République
Nous attirons l'attention de nos lecteurs souhaitant s'abonner ou acquérir des n° anciens de notre Revue, et régler leur achat par virement bancaire. Ils trouveront ci-joint un RIB-IBAN de notre nouveau compte bancaire Société Générale, à utiliser exclusivement dorénavant. 
Notez que les réabonnements pour l'année 2019 ne commenceront qu'à partir du 1er janvier. 
Enfin, sachez que nous serons présents comme tous les ans, au 16e Salon Maçonnique du Livre 2018, qui aura lieu les 17 et 18 novembre prochains, et comme les précédentes années à La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer à Paris 20e. L'entrée est gratuite, et l'accès est ouvert à tous. On pourra s'y abonner, renouveler, ou acquérir des n° précédents. Mais aussi assister à de passionnantes conférences ou tables rondes, remises de prix (suspense !), et éventuellement rendre visite à l'ensemble des Obédiences françaises majeures, pour une fois sagement réunies côte à côte... 
Bonne lecture à tous, et au plaisir d'échanger quelques propos avec nos visiteurs !

samedi 27 octobre 2018

Carl Friedrich Tieman par Antoine Faivre

Lors de sa Tenue du 7 juin 2018, la Loge Liber Latomorum lettre γ a présenté le dernier ouvrage d'Antoine Faivre, directeur d'études émérite de l'École pratique des hautes études (EPHE), intitulé "De Londres à Saint-Pétersbourg : Carl Friedrich Tieman (1743-1802) aux carrefours des courants illuministes et maçonniques", publié aux éditions Milano en 2018.

En voici un aperçu :
"Fruit des travaux d’un grand chercheur, professeur et théoricien de l’ésotérisme, ce livre de très grande qualité est remarquable tant par sa précision, sa documentation très importante, et sa méthode. 
Quant à la méthode il suffit de lire l’introduction qui est un modèle du genre. 
Quant à la documentation, qui représente près de la moitié de l’ouvrage, elle est composée de correspondances, journaux intimes, mémoires etc. 
Il retrace la vie de C.-F. Tieman. D’origine allemande, celui-ci est issu d’une famille nombreuse piétiste. Ce mouvement protestant, illustré de diverses manières et qui ne fut gère goûté dans les milieux protestants orthodoxes, met l’accent sur une religiosité intérieure, une piété personnelle, un sentiment religieux individuel dans la perspective d’une renaissance spirituelle qui transforme celui ou celle qui le pratique. On perçoit la proximité possible avec les courants illuministes. De fait Tieman commence à avoir des visions vers l’âge de 14 ans et ces expériences d’état modifié de conscience auront une grande influence sur lui tout au long de sa vie. Il fait des études en histoire et philologie et connaît plusieurs langues. Il va en Russie où Catherine II le remarque pour lui confier la charge de tuteur ou gouverneur de jeunes nobles russes qui souhaitent accomplir « le Grand Tour », un voyage de formation en passant par toutes les grandes capitales européennes. Il a ainsi l’occasion d’être en contact avec des milieux nombreux et variés, illuministes et maçonniques, ce qui fait de ce célibataire non misogyne un véritable commis voyageur de l’illuminisme et un compagnon de route de premier ordre pour suivre tous ces courants. En France il rentre en contact avec la Loge La Bienfaisance à Lyon et Les Amis Réunis à Paris. Il échange ainsi une correspondance importante avec Jean-Baptiste Willermoz, Louis-Claude de Saint-Martin avec qui il voyagera également et Savalette de Langes. Il s’intéresse au magnétisme, aux Illuminés d’Avignon, au convent de Wilhelmsbad, à l’affaire de l’Agent inconnu, etc. Il essaye d’implanter le Régime Ecossais Rectifié en Russie sous le nom de « Martinisme ». Cette tentative connaîtra d’abord un certain succès mais devant la désapprobation de Catherine II qui redoute des implications politiques, le RER s’éteindra. Il meurt major de l’armé russe dans sa soixantième année."
La suite sur le site de la Loge...

dimanche 14 octobre 2018

1er Duc de Sussex

Comment est née la Franc-maçonnerie victorienne ? Grace à la récente actualité britannique, la Loge Elizabeth St Léger lettre alpha (LNMF) a revisité cette question lors de sa Tenue du 14 juin 2018 :
"Aux yeux des maçons français, la Franc-maçonnerie britannique paraît souvent exotique, atypique et l’on s'interroge : est-elle vraiment démocratique ? C'est oublier que cette maçonnerie fonctionne comme les institutions politiques du pays, qui est une monarchie parlementaire. 
Donnons deux exemples :
  • L'actuel Grand Maître, le Duc de Kent, est en fonction depuis une cinquantaine d'années. Il a essentiellement un rôle représentatif. Comme la Reine ! Les Grands Dignitaires demandent au Grand Maître de nommer 19 membres comme « Conseillers de l'Ordre » (Board of general purposes) ; les autres étant choisis par les Loges. Comme il ne connaît pas les Frères qu'il est censé nommer, il fait l’embarrassé, dit qu'il y a tant d'excellents Frères que le choix n'est pas aisé ; on lui propose alors une liste et là, il s'exclame ému que c'était exactement les Frères qu'il voulait nommer ! So british...
  • Si la Reine, comme le Grand Maître, ont une fonction représentative, le pouvoir échoit au Premier Ministre ou au Pro Grand Maître. Rappelons la cérémonie d'investiture du Premier Ministre, qui se passe à huis clos, dans le cabinet de la Reine. Le Premier Ministre s'agenouille devant la Souveraine, qui lui prend alors la main et dit : « Levez-vous, monsieur (ou madame) le Premier Ministre ! ». Comme le Vénérable Maître fait et dit au nouvel initié : « Levez-vous, Frère (ou Sœur) nouvellement assermenté ».
Tout cela existe depuis le milieu du XIXe siècle. Mais auparavant ? 
Il a y eu un personnage hors norme, Auguste Frédéric, 1er Duc de Sussex..."
La suite sur le site de la Loge.

dimanche 7 octobre 2018

RDV au 16e Salon Maçonnique du Livre de Paris !


Les Maçons Traditionnels Libres seront bien présents au prochain Salon Maçonnique du Livre de Paris, les 17 et 18 novembre 2018 :

Durant 2 jours, vous attendent également pour cette 16eme édition :
  • une trentaine de stands des éditeurs de la maçonnerie française
  • les stands des 17 obédiences de la franc-maçonnerie française
  • 10 tables rondes
  • 3 conférences
  • plus de 50 auteurs en dédicace

Cet événement se tiendra à LA BELLEVILLOISE 19-21 rue Boyer 75020 Paris.

Pour avoir le programme détaillé ou s'inscrire en ligne, allez sur le site de l'Institut Maçonnique de France.

samedi 30 juin 2018

Renaissance Traditionnelle n° 190-191

Le dernier numéro double, n° 190-191 de la revue Renaissance Traditionnelle vient de paraître !
Et voici l'avant-propos du rédacteur en chef, Pierre Mollier :
Ce numéro double de l'année 2018 vous propose trois études novatrices et beaucoup d'éléments inédits sur un sujet classique mais toujours passionnant : les liens entre l'illuminisme du XVIIIe siècle et la franc-maçonnerie. Comme le montre le Discours de Ramsay – sur lequel nous sommes longuement revenus dans notre dernière livraison – dès les années 1730, les Français ont, si ce n'est créé, du moins beaucoup développé l'association entre initiation et franc-maçonnerie. Cette association étroite a conduit nombre de courants ésotériques du Siècle des lumières à prendre une forme maçonnique et à solidement s'arrimer aux Loges. Les lecteurs de R.T. pensent naturellement à Martinès de Pasqually et à son Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l'Univers, mais on pourrait aussi citer les divers rites de la Maçonnerie hermétique ou d'autres formes de Maçonnerie théosophique. Cette Maçonnerie illuministe va être évoquée ici au travers de trois figures, fort différentes, mais toutes singulières.

Antoine Faivre nous propose d'abord un très beau dossier sur une personnalité célèbre, dans notre domaine, mais finalement mal connue : Touzay-Du Chenteau, l'auteur de l'extraordinaire Carte Philosophique. Ces quatre grandes planches ésotériques – de près d’un mètre sur quatre-vingts centimètres ! – sont certainement l'une des productions les plus curieuses de l'illuminisme du xviiie siècle. Nous avons montré que le Souverain Chapitre Métropolitain en conservait précieusement les cuivres. Le Philalèthe Savalette de Langes présentait Du Chenteau comme son premier Maître.

Personnalité bien attachante que Jean-André Périsse-Duluc, figure typique du mysticisme lyonnais, comme son ami Jean-Baptiste Willermoz : bourgeois modéré et avisé à la ville mais théosophe ardent dans son intérieur ! Raphaël Benoit nous fait découvrir cet homme que l'on croise si souvent dans l'histoire du Régime Écossais Rectifié, mais qui est resté dans l'ombre de Willermoz. Sur un autre plan, on notera tout l'intérêt de ses confidences à Versailles sous la Révolution. Trois des quatre députés lyonnais sont non seulement Maçons, mais appartiennent à la même Loge – La Bienfaisance – un cas d'école pour les disciples de l'abbé Barruel ! Mais les lettres de Périsse-Duluc nous révèlent que, loin de faire corps, ils sont profondément divisés par les clivages politiques du « monde profane », aux dépens même de ce qui nous apparaît comme la plus élémentaire fraternité. Après l'épisode de l'Agent inconnu, un mystique lyonnais ne pouvait pas passer à côté des prophétesses de la Révolution. On retrouve tout naturellement Périsse-Duluc aux côtés de Dom Gerle dans l'affaire Suzette Labrousse.

Le Frère Louvain de Pescheloche est surtout connu des historiens du Rite Écossais Ancien et Accepté comme l'un des premiers « 33e » reçus à Paris par Grasse-Tilly – le 23 octobre 1804 – et un héros de la Maçonnerie d'Empire « mort à Austerlitz ». Sensible à cette glorieuse fin, Jacques Tuchendler est parti sur les traces du Frère de Pescheloche et, à sa grande surprise, derrière le fougueux major de Dragons de l'Empire, il a découvert un Maçon théosophe impliqué dans les épisodes mystiques de la Révolution française. Dans cette véritable aventure, on croise des noms qui nous sont familiers : l'abbé d'Alès d'Anduze, les Chefdebien etc. Au-delà de l'histoire maçonnique, Jacques Tuchendler apporte aussi des éléments nouveaux sur Suzette Labrousse, sa vie et son itinéraire. Et, à l'issue de cette étonnante saga, on découvre l'existence d'une communauté soixante-huitarde prônant « la paix et l'amour » sous la Restauration !

Ces recherches soulignent, une fois de plus, les liens forts entre la Maçonnerie spiritualiste et les formes religieuses non-conventionnelles. On sait l'affinité des Loges avec les petites églises et les tentatives de réformes religieuses au XIXe siècle, on découvre que c'était déjà le cas à la fin du XVIIIIe.
Et pour en savoir plus, quelques extraits gratuits :

samedi 23 juin 2018

Enquête sur les deux premiers grades

Qu'est-ce qu'un exercice de recherche appliquée en maçonnologie ?

Pour y répondre, Roger Dachez nous propose une enquête sur les deux premiers grades de la plus ancienne maçonnerie britannique :
  • Y a-t-il toujours eu 3 grades ?
  • Pourquoi observe-t-on dans certains rites que l'ordre des colonnes J et B et dans d'autres B et J ?
  • Quid des anciens et des modernes qui précisément ne pratiquaient pas le même ordre des mots des deux premiers grades ? Qu'y avait-il de vraiment différent entre eux ?
Seules l'étude des sources historiques et une méthode académique vont permettre de répondre au plus près de la vérité à ces questions, loin des bruits de parvis ou des mauvais livres écrits par des maçons ignorants.

Quels sont les instruments dont dispose le maçon ?
  • Le premier livre à compulser est un petit livre bleu : Early Masonic Catechism, l'EMC, la Bible des chercheurs, écrit par Knoop, Jones et Hamer, publié en 1943 par Manchester University Press. Y sont consignées toutes les sources de la franc-maçonnerie britannique, tous les textes fondateurs connus, de 1696 à 1730. Il est cependant d'un abord difficile car rédigé en anglais du XVIIème siècle, et parfois lacunaire.
  • La seconde source, ce sont les 3 volumes des conférences prestoniennes. Depuis 1925, une conférence annuelle (en hommage à William Preston qui en fut le fondateur) est confiée à un érudit maçonnique anglais de haut niveau.
  • Troisième source : les Ars Quatuor Coronatorum (AQC). 130 volumes regroupent depuis 1888 (et toujours aujourd'hui) les travaux annuels de cette loge londonienne de maçons érudits, les Quatuor coronati.
  • Quatrième et dernière source : la revue française Renaissance Traditionnelle, dont le secrétaire de rédaction, Paul Paoloni a apporté ce jour le premier volume, relié, propriété de la LNF.

dimanche 10 juin 2018

50e anniversaire de la LNF et proclamation des LNFU

Lors de la journée exceptionnelle du 9 juin 2018, se sont tenues au siège du GODF, le matin la première Grande Loge Nationale des toutes jeunes LNFU et l'après-midi, la commémoration des 50 ans de la LNF qui en fait maintenant partie.


Son nouveau Grand Maître, Roger Dachez, a diffusé le lendemain à l'ensemble des membres de l'Obédience la circulaire ci-dessous - retranscrite dans son intégralité :
"TTCCFF & SS, 
Je voulais, surtout à l’adresse de ceux et celles d’entre vous qui n’ont pu assister, samedi 9 juin, au 50ème anniversaire de la LNF et à la proclamation des LNFU, vous rapporter quelques traits essentiels de cette magnifique journée – en attendant l’album-photo de souvenirs qui sera diffusé auprès de chacun de vous. 
Nous étions, le matin, plus de 100 présents, tous membres des LNFU, toutes les loges – sans exception – étant dument représentées, pour l’élection du Grand Maître et l’installation du Collège des Grands Officiers. Ces cérémonies protocolaires, à première vue, ont cependant revêtu une émotion particulière que tous et toutes ont ressentie. 
L’après-midi, nous étions plus de 150, avec de nombreux visiteurs de toutes Obédiences, plus de douze d’entre elles étant officiellement représentées par leurs Grands Officiers à l’Orient, dont plusieurs par leurs Grand Maître ou leur Grande Maîtresse. Toutes ont exprimé leur enthousiasme au spectacle que nous leur avons offert et nous ont adressé leurs félicitations pour le processus d’union dont nous avons donné l’exemple. 
Le TRF Thierry Boudignon, Grand Archiviste, a proposé une évocation historique des 50 années de la LNF, soulignant bien la continuité des LNFU avec le projet fondateur de René Guilly. Puis nous avons remis à chaque Vénérable Maître, ou à son représentant, le diplôme de confirmation de la patente de sa loge, symbolisant l’engagement sans réserve de toutes les loges présentes dans les LNFU dont toutes les règles s’appliquent désormais à tous et toutes. Puis les Obédiences invitées se sont exprimées. A trois reprises, une interruption musicale a été proposée par un trio d’anches composé de musiciens issus d’orchestres nationaux et membres d’une Obédience amie. 
Nous avons pu souligner et rappeler, tant à l’adresse de tous les membres des LNFU qu’à l’intention des Obédiences venues nous honorer de leur présence, les principes essentiels de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre : l’exigence traditionnelle, la rigueur rituelle, la nécessité de l’étude et de la recherche maçonniques, le fondement spirituel incontournable qu’est Dieu, le GADL’U, et enfin l’ouverture du cœur à l’égard de tous les maçons et les maçonnes, d’où qu’ils viennent et qui seront toujours accueillis chaleureusement en visiteurs dans nos loges– selon les règles d’intervisite souverainement définies par celles-ci. 
Les LNFU marquent un tournant essentiel dans notre histoire, et leur naissance a été dignement et brillamment célébrée. Elles constituent désormais un fait accompli qui a déjà une place de choix dans le paysage de choix, rehaussant encore la réputation acquise depuis longtemps par la LNF. Il nous appartient maintenant de les faire vivre, dans le strict respect de règles de fonctionnement renouvelées et précisées, pour développer tous les projets nouveaux qu’elles portent : l’Académie de la Connaissance maçonnique, la Loge des Grands Stewards, les Loges d’instruction, etc. 
J’ai surtout été sensible à la confiance qui m’a été exprimée de façon unanime par tous les délégués des loges sans exception, et par tous les présents d’une façon générale. Je m’efforcerai d’en être digne par ma disponibilité, mon engagement, et mon exigence. J’aurai l’occasion d’en reparler avec vous tous et toutes, lors de visites que j’effectuerai, conformément aux obligations de notre Règlement général, dans la plupart des loges au cours de l’année qui vient. 
Je vous souhaite en attendant un très bel été. 
Fraternellement
TRF Roger Dachez Grand Maître"

dimanche 27 mai 2018

Renaissance Traditionnelle n° 189

Le numéro 189 de la revue Renaissance Traditionnelle vient de paraître ! Voici l'avant-propos du rédacteur en chef, Pierre Mollier :
Ce numéro 189 de Renaissance Traditionnelle, qui inaugure 2018, est entièrement consacré à l'atmosphère intellectuelle dans laquelle ont baigné les premières années de la franc-maçonnerie.
Bernard Homery nous présente d'abord une des découvertes récentes de l'érudition maçonnique d'outre-Manche exposée, notamment, dans le beau livre de Robert Collis The Petrine Instauration, Religion, Esotericism and Science at the Court of Peter the Great, 1689-1725. Fort loin des îles britanniques, en Russie, dès 1715 – et donc bien avant l'arrivée « officielle » de la franc-maçonnerie spéculative sur le continent – il existe un témoignage avec une référence explicite au « Mot du Maçon ». Il s'agit certes d'une correspondance entre Écossais, mais c'est tout de même un fait notable. Il y aurait d'ailleurs un dossier à constituer sur la présence de Maçons dans les différents pays d'Europe continentale – France, Allemagne, Russie... – avant même l'implantation de la franc-maçonnerie. Peut-être certains d'entre eux furent-ils amenés à évoquer l'Ordre à l'occasion de telle ou telle conversation ? L'un des premiers de la liste serait l'illustre Robert Moray. Mais Bernard Homery nous restitue surtout le paysage intellectuel dans lequel s'inscrit l'auteur de cette référence au « Mot du Maçon » et – comme Moray, comme Ashmole – il apparaît que Robert Erskine cultive un grand intérêt pour l'hermétisme.
« Encore Ramsay ! » Il ne faut cesser d'interroger le Discours fondateur de notre cher Écossais. Aymeric Le Delliou nous retrace d'abord l'itinéraire intellectuel et spirituel du Chevalier. Il nous montre combien nombre de ses idées peuvent être reliées aux débats théologiques de son époque, à la grande affaire du quiétisme et à son compagnonnage avec Fénelon et Madame Guyon. Même si, par la suite, Ramsay développera une pensée plus personnelle... et parfois singulière au regard des conceptions classiques du christianisme. D'un certain point de vue, Les Voyages de Cyrus sont incontestablement un roman d'initiation. De là à y voir un conte maçonnique... il n'y a que trois petits pas qu'il est risqué de franchir. Néanmoins, l'homme est un, et il est légitime d'envisager que les idées développées dans le roman en 1727, aient pu, quelques années plus tard, se retrouver, sous une autre forme, dans le Discours de 1736. C'est pourquoi Samuel Macaigne nous propose une féconde analyse de ce qui fut un des best-sellers du Siècle des Lumières. On sait que le témoignage le plus curieux sur Ramsay, et le plus intéressant quant à ses liens avec la franc-maçonnerie, est celui de Geusau, intellectuel allemand en voyage à Paris au début des années 1740. Reinhard Markner nous rappelle l'histoire du Journal de Geusau et, revenant au manuscrit lui-même, nous procure une édition de cet important témoignage au plus près du texte original. Enfin, prenant prétexte du séjour parisien de Geusau et de son élève, Paul Paoloni nous présente ce Paris de la première moitié du XVIIIe siècle, qui vit s'épanouir la franc-maçonnerie, tel que décrit par un des grands guides utilisés par les voyageurs « de condition», et justement rédigé par un autre intellectuel allemand – Joachim Christoph Nemeitz - de la même trempe que Geusau.
Le premier numéro d'une année est aussi l'occasion de rappeler que Renaissance Traditionnelle ne vit que du soutien – fidèle ! – de ses lecteurs... et une invitation – chers amis – à renouveler votre abonnement.
Portrait – imaginaire – de Ramsay. On présente souvent cette estampe comme un portrait de Ramsay. En réalité on ne connaît aucune image le représentant. L’autre portrait qui lui est parfois attribué est en fait celui de son homonyme, le poète Allan Ramsay. Quant à cette image, associée à Ramsay pour la première fois en 1921 par Arthur Waite dans son New Encyclopaedia of Freemasonry, elle est tout simplement inspirée de la planche qui illustre l’ordre de Saint-Lazare dans le traité sur les ordres de chevalerie du père Hélyot (1721).

Et pour en savoir plus, quelques extraits gratuits :

dimanche 20 mai 2018

La Très Sainte Trinosophie

"Ce livre dont un exemplaire est conservé à Troyes (Aube) a une origine mystérieuse. Qui en est l’auteur ? On a pu en attribuer la paternité à Cagliostro, à un mystérieux Philochate (un auteur collectif ?), ou au comte de Saint-Germain comme le pense Paul Chacornac in Le comte de Saint-Germain (1947). Quoiqu’il en soit de ces théories hasardeuses cet ouvrage daterait de la première moitié du XVIIIe siècle. Il a été publié plusieurs fois, sous l’Empire, en 1893, dans les années 1930 et, enfin, en 1971 sous la direction de René Alleau."
Ainsi commençait la conférence de Samuel Macaigne, Vénérable Maître de la Loge d'Etudes et de Recherches, Court de Gébelin lettre β, sur le thème : "La très Sainte Trinosophie, ouvrage attribué au Comte de Saint-Germain".
"Ce livre est une tentative d’explication des légendes de la philosophie antique par le biais de l’alchimie. Le XVIIIe siècle est le siècle où l’alchimie, jusqu’alors profondément ancrée dans la tradition chrétienne, se paganise. Le thème alchimique pénètre la Franc-maçonnerie en même temps que la vogue pour une Egypte rêvée, manière de dépasser le christianisme. 
[...]"
Suivirent de nombreux échanges :
"Le fait que l’on attribue cet ouvrage au comte de Saint-Germain souligne la force de l’image qu’il a pu donner et laisser. 
Quant à l’histoire de l’alchimie on note qu’aux XVIe et XVIIe siècles les textes alchimiques sont originaux, vivants, littéraires  et chrétiens. 
Au XVIIIe le souffle poétique s’épuise et La Très Sainte Trinosophie est un texte de fin de génération dont la particularité est de s’affranchir du christianisme. 
Le XIXe siècle n’apporte rien de bien signifiant si ce n’est que le vocabulaire alchimique fait une entrée en force dans la Franc-maçonnerie. L’alchimie –que les rédacteurs de rituels ne connaissent pas- n’est plus qu’un prétexte pour éviter toute référence religieuse et pour appuyer sur un fondement autre que chrétien, l’idéal spirituel transcendant inhérent à la Franc-maçonnerie. 
C’est le XXe siècle qui relance la réflexion sur l’alchimie avec C. G. Jung. On met alors en valeur cette littérature poétique et cette tradition iconographique extraordinaire. Cette imagerie qui fait la fortune de la littérature alchimique et dans laquelle on se projette, invite à une interrogation fondamentale sur la condition humaine. On restitue la  signification chrétienne de l’alchimie en même temps qu’on la présente comme une expérience mystique. Le Cercle d’Eranos illustre ce mouvement nouveau d’étude de l’alchimie par le monde universitaire."
Le compte-rendu complet est disponible en ligne sur le site de la Loge.