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lundi 6 octobre 2025

Histoire de la Loge Nationale Française

L'ouvrage collectif intitulé "Histoire de la Loge Nationale Française" vient de paraître aux éditions de la Tarente.


Il retrace les cinquante premières années d'une aventure maçonnique, avec un avant-propos de Roger Dachez.

Voici la quatrième de couverture :

"Cet ouvrage, rapportant les cinquante premières années de la Loge nationale française (LNF), est le produit du travail collectif d’un comité de rédaction : que tous ses membres en soient remerciés.

Il est d’abord présenté en témoignage de mémoire à tous les Frères et à toutes les Sœurs des Loges nationales françaises unies (LNFU), lesquelles sont l’aboutissement institutionnel régulier et la poursuite d’une démarche maçonnique originale initiée en 1968.

Il est en outre proposé à tous ceux et celles qui, de nos jours, s’intéressent aux destins divers qu’a connus la franc-maçonnerie traditionnelle en France, au XXe siècle.

Il est avant tout dédié au fondateur de la LNF, le Frère René Guilly, dit René Désaguliers (1921-1992), qui consacra sans partage à cette seule mouvance maçonnique créée par lui, pendant près de vingt-cinq ans (sur plus de quarante années de vie maçonnique), tout son savoir, toute son énergie et toute sa foi maçonnique."

dimanche 9 juin 2019

Charte des LNFU


CHARTE ET DÉCLARATION DE PRINCIPES
DE LA FRANC-MAÇONNERIE TRADITIONNELLE LIBRE


Nous, Sœurs et Frères de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre (FMTL), œuvrant au sein de la Loge Nationale Française (LNF) et de la Loge Nationale Mixte Française (LNMF) et qui formons ensemble les Loges Nationales Françaises Unies (LNFU), affirmons notre attachement aux principes suivants et nous engageons à les maintenir parmi nous :


ARTICLE I
La franc-maçonnerie est de nature spirituelle et traditionnelle. Fondée depuis ses origines sur la foi en Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, elle vise à la transformation initiatique de ses membres par la réception du message de Lumière et d'Amour que, depuis son origine, la tradition maçonnique a identifié à l'Evangile de Jean, à travers la pratique rigoureuse des usages, des rites et des cérémonies maçonniques.

C’est pourquoi la franc-maçonnerie doit bannir avec une extrême rigueur de ses Loges, sous peine de manquer à sa mission fondamentale, tout ce qui est contraire à ces définitions. Elle doit notamment se refuser à toute activité dans le domaine politique, social, économique et financier, ce qui est une source abondante de mésentente et de conflits entre ses membres. Les Loges s’interdiront tout exposé et tout travail sur ces sujets et leurs membres s’abstiendront de toute conversation de ce genre lors des réunions maçonniques quelles qu’elles soient.

Cultivant la modération et la courtoisie, les Maçons se doivent également d'observer une grande décence dans leurs propos et de s'abstenir de tout excès susceptible de modifier et d'altérer leur comportement.

ARTICLE II
L'entraide a toujours été une des grandes règles de la franc-maçonnerie. Elle exige cependant d'être exercée avec beaucoup de discernement. Elle doit notamment se limiter aux services qui allègent les difficultés réelles que rencontrent les uns et les autres au cours de leur existence et ne jamais devenir une sorte d'association matérielle ou de complicité pour le profit.

ARTICLE III
La bienfaisance est aussi un des buts les plus anciens de la franc-maçonnerie. Elle se distingue de l'entraide en ne se limitant pas aux membres de l'Ordre. Elle est pratiquée soit par les Loges, soit individuellement par leurs membres. C’est un engagement majeur de toute franc-maçonnerie vraiment consciente d’elle-même.

ARTICLE IV
Parmi les dangers qui menacent la vie initiatique des Loges, la recherche des honneurs doit certainement être considérée à l’égal des plus graves. La hiérarchie qui est une des structures naturelles de la franc-maçonnerie peut en effet tenter des Maçons plus soucieux d’apparence que de réalité, plus désireux d’exercer une autorité illusoire que d’assumer pleinement des charges et des responsabilités.

Il faut reconnaître par ailleurs que la place importante que prennent nécessairement des Maçons compétents, actifs et dévoués est un autre péril, car ces derniers habituent les membres des Loges à la facilité et leur succession devient d’année en année plus difficile.

C’est pourquoi nous estimons que le changement de Vénérable chaque année dans les Loges est une pratique à recommander, si toutefois les circonstances et la situation de la Loge le permettent sans risque pour elle. Il est en outre très souhaitable que le futur Vénérable ait occupé différents postes des filières propres à chaque Rite. Les aptitudes de tous peuvent ainsi apparaître clairement et les listes des Officiers à élire chaque année ne doivent être établies que dans le seul intérêt de la Loge et du Rite, et jamais dans un esprit de complaisance ou de concession à une vanité trop humaine.

ARTICLE V
Les Loges sont dirigées de façon collégiale par les Maîtres Maçons réunis en Conférence de Maîtres, limitée aux seuls membres actifs. La plus large unanimité est toujours recherchée. Les Apprentis et les Compagnons ne sont jamais associés ou mêlés aux décisions à prendre ni aux discussions qu’elles suscitent. La fonction de Conseil des sages que doit y jouer l’ensemble des Passés-Maître doit en outre soulignée.

ARTICLE VI
Les initiations et les affiliations ne sont décidées qu’à l’unanimité, ce qui signifie que chaque membre d’une Loge dispose d’un droit d’opposition pour des motifs sérieux et légitimes et selon les dispositions du Règlement intérieur de chaque Loge. On ne doit pas permettre en effet qu’une Loge soit troublée par l’admission d’un nouveau membre contre le gré d’un membre plus ancien. Si la répétition ou le nombre de ces oppositions crée une crise au sein d’une Loge, une issue possible est la création d’une nouvelle Loge, ce que tous doivent faciliter dans un climat de conciliation.

Ces initiations et ces affiliations devront être précédées de la plus large publicité maçonnique permise par les circonstances, ces actes importants devant être accomplis au su de tous en toute clarté et loyauté. Elles doivent impérativement respecter les stipulations du Règlement général sous peine de nullité et de sanction pour la loge qui aura manqué à ses obligations.

D’une façon plus générale, on ne perdra pas de vue que l’association maçonnique étant fondée sur la libre cooptation et la coexistence paisible et harmonieuse, aucune règle supérieure à celles-ci ne saurait imposer à des membres, séparés momentanément ou durablement par des antipathies ou des incompatibilités, de continuer à se fréquenter dans la même Loge. Cette situation, profondément regrettable certes, mais qui se rencontre malheureusement parfois, compromet en effet tout travail initiatique et toute évolution heureuse des uns et des autres. On devra dans ce cas s’efforcer de parvenir d’un commun accord à des essaimages ou à des changements d’appartenance ce qui, en supprimant dans l’immédiat des causes de frictions, sera aussi un moyen sûr de rétablir dans l’avenir des relations plus normales et plus satisfaisantes.

ARTICLE VII
Les augmentations de salaire sont de la même façon décidées à l’unanimité. Les candidats doivent avant tout avoir fait preuve d’assiduité et montré leur instruction maçonnique, leur ancienneté dans un grade étant une donnée secondaire par rapport à la qualité de leur engagement. Leur conduite doit être, à tous égards, irréprochable.

ARTICLE VIII
Nous constatons que le pluralisme des Rites est une réalité maçonnique qui doit être admise. Nous pensons qu'à travers ce pluralisme des rites une recherche initiatique méthodique et prudente doit permettre de retrouver l'essence traditionnelle de la Maçonnerie, ce que nous développons au sein de nos Loges d’Etude, l’instruction maçonnique et la connaissance approfondie des sources de la franc-maçonnerie étant une des préoccupations essentielles de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre

Les Rites ne s'excluent pas, ils se complètent. Un Maçon peut pratiquer plusieurs rites mais il faut dans ce cas qu'il s'abstienne soigneusement de les mêler par ignorance ou par un désir irréfléchi de bien faire.

Sans exclusive pour l’avenir, nous nous sommes attachés aux Rites suivants, dans le respect absolu de leurs textes fondamentaux, placés sous le contrôle du Collège des Fondateurs:
  • Rite Moderne Français Traditionnel (RMFT) - selon des textes français des XVIIème et XVIIIème siècles et de vieux textes anglais, écossais et irlandais, dont le plus ancien actuellement connu remonte à 1696.
  • Rite Anglais Style Emulation (RAE) - issu en Angleterre de l'Union de 1813.
  • Rite Ecossais Rectifié (RER) - conformément aux textes établis de 1782 (au Convent de Wilhelmsbad) à 1809 (sous la responsabilité personnelle de J.-B. Willermoz).
  • En outre, la cérémonie d’Installation secrète du Maître de Loge est reconnue comme un vénérable et ancien usage du Métier.
Chacun de ces Rites comporte un ou plusieurs grades complémentaires qui sont conférés dans des organismes distincts des Loges symboliques et de leur fédération, et dotés d’une administration spécifique. Les Loges Nationales Françaises Unies en déterminent la liste et concluent des accords avec eux. En particulier, ces organismes seront fraternellement consultés pour toute question rituelle de leur ressort.

ARTICLE IX
De même, la diversité obédientielle nous semble une donnée irréversible de la tradition maçonnique française dont tous les francs-maçons, quelle que soit leur appartenance, sont les héritiers. Nous ne considérons pas ce pluralisme comme un champ de concurrence ni comme une occasion de querelles. Ouverts à la différence et soucieux de partager, nous souhaitons au contraire occuper notre place dans le paysage maçonnique en préservant notre identité et nos principes, dans le respect des obédiences qu’animent les mêmes sentiments et dont les membres sont dès lors fraternellement accueillis dans nos Loges.

ARTICLE X
Le premier devoir de tout Maçon est le travail. C’est pourquoi les membres de toutes les Loges des Loges Nationales Françaises Unies s’engagent à préparer soigneusement les Tenues en fonction de leur ordre du jour, prévu si possible dès le début de l’année maçonnique.

Dans le même esprit, la pratique exacte du rituel est un des éléments fondamentaux de la vie maçonnique. Elle suppose en particulier, de la part des Officiers, le bon accomplissement de leur fonction symbolique. Ils ont le devoir d’acquérir une connaissance sérieuse de leur rituel dont la lecture régulière et réfléchie, outre qu’elle leur apportera des aperçus toujours nouveaux sur les leçons que la franc-maçonnerie nous adresse, leur permettra ainsi d’en mieux maîtriser la pratique.

ARTICLE XI
C’est dans le cadre strict des Rites et des rituels définis par les Loges Nationales Françaises Unies que se situe le travail de ses Loges, et aucune référence à d’autres Rites, ni à d’autres pratiques obédientielles, ne peut être envisagée.

De même, la pratique des grades complémentaires est un des objectifs des membres de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre, au sein des organismes appropriés, et la présence de ces grades, complément naturel et nécessaire de la maçonnerie symbolique, est ostensible en son sein.

ARTICLE XII
Tout membre actuel ou futur des Loges Nationales Françaises Unies doit accepter sans réticence tous les principes énoncés ci-dessus, et s’engage à ne pas y porter atteinte, sauf à devoir reconsidérer son appartenance ou à se voir légitimement refuser son initiation ou son affiliation.

ARTICLE XIII
Enfin, sans prétendre à une quelconque filiation historique ni revendiquer la moindre préséance, mais pour témoigner de notre souci de nous inspirer d’une longue et vénérable tradition, nous avons adopté des armes s’inspirant de celles accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres : « God is our Guide », « Dieu est notre Guide », et reprises plus tard par la première Grande Loge de Londres créée en 1717, ainsi que la devise de ladite Compagnie en 1677 : « In the Lord is all our Trust », « Nous plaçons toute notre confiance dans le Seigneur », ce qui doit s'entendre dans tous les sens, et notamment dans le sens tiré de la tradition biblique, en se souvenant que l'Eternel sur le Sinaï guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle du Temple élevé à Jérusalem pour être la Demeure du Seigneur, sous les ordres du Roi Salomon, avec l'aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d'Hiram Abif.

Déclaration adoptée par
le Grand Conseil des LNFU
le 09 juin 2018

mardi 28 mars 2017

Site officiel des Maçons Traditionnels Libres

Le Site Web officiel de la Maçonnerie Traditionnelle Libre a enfin été créé : www.fmtl.fr !

Il regroupe l'ensemble des structures ostensibles adhérant aux principes de la Charte de la Maçonnerie Traditionnelle Libre :
  • La Loge Nationale Française
  • La Loge Nationale Mixte Française
  • La Revue Renaissance Traditionnelle animée par des FF. de la LNF

Y sont également regroupés les sites Web de Loges d'études et de recherches comme William Preston travaillant sur les sources de la tradition britannique et Liber Latomorum se consacrant exclusivement à l’actualité bibliographique de la franc-maçonnerie.



Bonne lecture !

lundi 10 octobre 2016

La Charte de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre


Remise à chaque nouvel initié dans les loges de la Fédération, la Charte de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre constitue le texte essentiel, fixant les principes intellectuels et spirituels de la LNF, définissant les sources des Rites qu'elle pratique et prescrivant les usages symboliques fondamentaux de ses loges. Rédigé alors même que la jeune Fédération n'avait pas un an d'existence, il représente sans aucun doute le meilleur témoignage de l'esprit que ses fondateurs voulaient y développer.

Dès le Titre 1er, le ton est donné, et les difficultés commencent, si l'on se souvient de l'époque de sa rédaction, avec une définition cursive de la franc-maçonnerie. Relisons-la simplement :

«La franc-maçonnerie est de nature spirituelle, religieuse et traditionnelle. Elle a pour but la transformation initiatique de ses membres par la méditation de la Loi d'Amour de L'Evangile de Saint Jean, et la pratique rigoureuse des usages, des rites et des cérémonies maçonniques. Cette transformation doit, et ne saurait s'opérer effectivement que dans un climat de tolérance, de modestie, de discrétion, de loyauté absolue, de calme et de courtoisie.


C'est pourquoi, poursuit le Titre II, la franc-maçonnerie doit bannir avec une extrême rigueur de ses Loges, sous peine de manquer à sa mission fondamentale, tout ce qui est contraire à ces définitions. Elle doit notamment se refuser à toute activité dans le domaine confessionnel, politique, social, économique et financier, ce qui est source abondante de mésentente et de conflits entre ses membres. Les Loges s'interdiront tout exposé ou tout travail sur ces sujets et leurs membres s'abstiendront de toute conversation de ce genre lors des réunions maçonniques quelles qu'elles soient. »


Reprenons quelques points remarquables. Celui-ci pour commencer : «La franc-maçonnerie est de nature spirituelle, religieuse et traditionnelle.» Que de commentaires le mot «religieuse»» ne pouvait-il manquer de susciter, hier comme aujourd'hui, dans un tel contexte ! Or cet exemple est une bonne illustration de la conception maçonnique de la LNF. En Maçonnerie on doit renoncer aux réactions superficielles, aux jugements hâtifs. La Loge n'est pas le Forum, et c’est précisément tout son intérêt et sa spécificité. Il ne faut donc voir ici aucun extrémisme provocateur et de mauvais aloi. A-t-on dit que la Maçonnerie était une religion ? Non, évidemment. Nul ne pourrait le dire, nul ne peut le penser. Mais qu'elle soit de «nature religieuse», que voulait-on suggérer en l'affirmant ainsi ?

Tout d'abord qu'il y a incontestablement à travers toute son histoire, depuis ses origines, une dimension communautaire de la Maçonnerie qui se réfère à la fonction essentielle des religions dans les sociétés traditionnelles: religare, c'est-à-dire réunir, rassembler, rapprocher au-delà des préoccupations du siècle, engager les hommes à regarder ensemble, plus haut, plus loin. Cette dimension fraternelle, constitutive de l'institution maçonnique, plonge à l'évidence ses racines dans la culture religieuse de l'Occident.

Ensuite, qu'on ne peut nier, précisément - et nous n'avons, quant à nous, jamais pu nous résoudre à le faire -, les fondements manifestement chrétiens des sources légendaires, des usages, des rituels et des symboles maçonniques. Or, l'engagement des fondateurs de la LNF était de se pencher avec attention sur ces sources, en toute rigueur, comme en toute liberté. Mais, aussitôt, et parce que la Maçonnerie n'est ni une religion ni une secte, on nous précise bien que cette approche ne peut et ne doit se faire que dans la «tolérance, la modestie, la modération, la discrétion, le calme et la courtoisie.» Le contraire de l'intégrisme, c'est tout simplement la liberté de l'esprit. Tenter de conduire ainsi une telle démarche d'approfondissement et de redécouverte déterminée de ses origines, c'était déjà cela, être un Maçon Traditionnel Libre.

La Maçonnerie est en effet un monde de symboles, ce qui ne veut pas dire, en vertu d'une signification singulièrement dévaluée du mot «symbole» qu'on reçoit parfois même dans les loges, qu'un symbole est une chose sans importance et peut-être sans contenu réel, puisque ce n'est... qu'un symbole ! La Maçonnerie ne procède pas par affirmation doctrinale, il est vrai, mais si la Maçonnerie n'a effectivement pas de dogme, cela ne signifie pas qu'elle soit dépourvue de principes fondateurs. Ces principes se retrouvent justement dans ses emblèmes et ses symboles séculaires, chargés de sens par conséquent. La préoccupation constante de la LNF fut de s'y rattacher et, en toute liberté, sans tabou ni exclusive, d'en retrouver la sève vivante.

Ainsi s'explique encore, comme le proclame la Charte, que les Maçons Traditionnels Libres aient adopté les armes exactes accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres, et sa plus ancienne devise: « God is our Guide ». « Ce qui, précise immédiatement la Charte, doit s'entendre dans tous les sens, mais aussi et surtout au sens opératif, en se souvenant que l'Eternel sur le Sinaï, guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle de Temple élevé à Jérusalem, sous les ordres du Roi Salomon, avec l'aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d'Hiram Abiff. »

En ce sens, notre devise « God is our Guide », qui pose en effet un choix spirituel qu'il faut comprendre, n'est cependant en rien l'affirmation péremptoire d'un catéchisme au nom duquel une Maçonnerie oublieuse de sa vraie nature pratiquerait l'inquisition des consciences, mais une invitation solennelle à suivre par l'esprit et le cœur les traces de nos ancêtres présomptifs, de ceux qui, dans le monde intermédiaire à l'histoire et au mythe, établirent toutes les légendes qui fondent aujourd'hui encore nos rites et donnent sens à nos symboles. S'engager dans cette démarche, à coup sûr exigeante, c'était encore cela, être un Maçon Traditionnel Libre.

Le refus, également énoncé dans la Charte, d'aborder dans le cadre du travail maçonnique les questions politiques, économiques et sociales, procède bien du même esprit. A quoi servirait la Loge si l'on n'y faisait que ce que l'on peut faire partout ailleurs ? Il ne faut pourtant pas, ici encore, se méprendre, sur ce que signifie cette position. La Loge, disais-je à l'instant, n'est pas le Forum. Mais c'est sur le Forum qu'agissent tous les hommes, dans leur vie de chaque jour, les Maçons au même titre que les autres. Or, la Maçonnerie accomplirait sans doute une partie de sa mission si les Maçons se conduisaient en effet mieux que les autres sur ce Forum. Dans la conception maçonnique qu'elle défend ainsi, la LNF a toujours souhaité que la méthode maçonnique, par la formation intellectuelle, morale et spirituelle qu'elle apporte à ses membres, par la faculté d'écoute et la tolérance à l'égard d'autrui auxquels elle les accoutume, en fasse des citoyens plus responsables et surtout plus éclairés, capables de faire en toute liberté les choix civiques qu'eux seuls peuvent fixer, et que la Maçonnerie, en tant que telle, n'a pas à leur dicter.