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dimanche 7 décembre 2025

LNFU : Roger Dachez passe le maillet

Le samedi 29 novembre 2025, dans les locaux de la Grande Loge de France, à Paris, le temple Franklin-Roosevelt a accueilli l’assemblée générale annuelle – dite « tenue de Grande Loge nationale » – des Loges nationales françaises unies (LNFU) :  Loge nationale française (LNF) et Loge nationale mixte française (LNMF).

Cette assemblée a revêtu cette année un lustre particulier puisqu’elle a vu l’installation solennelle, selon le rituel anglais, de son nouveau Grand Maitre, le TRF Jérôme Mlynarczyk. Maçon d’expérience, membre depuis plus de 25 ans de la LNF. Il a indiqué placer son projet dans le sillage tracé par son prédécesseur, le TRF Roger Dachez, lui-même unanimement reconnu comme l’héritier spirituel de René Guilly (1921-1992), fondateur de la LNF en 1968.

Cette assemblée s’est tenue en présence de plus d’une centaine de délégués des loges et de 14 délégations d’obédiences amies, la Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis (GLISRU), la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité (GLCS), la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU), la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraïm (GLMMM), l'Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR), la Grande Loge Mixte de France (GLMF), la Grande Loge Féminine de France (GLFF), la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM), la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GLAMF), la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International le Droit Humain (FFDH), le Grand Prieuré des Gaules (GPDG), la Grande Loge de France (GLDF), le Grand Orient de France (GODF), représentant toutes les composantes du paysage maçonnique français, où figuraient plusieurs Grands Maîtres. Tous ont souligné leur amitié envers les LNFU, l’excellence de leurs relations et le respect du travail accompli par la LNF et la LNMF depuis de nombreuses années.

Au cours de cette réunion, empreinte d’émotion, un hommage vibrant a été rendu à Roger Dachez désormais Passé Grand Maître, avec la remise officielle de ses décors et la présentation d’un volume de mélanges, soulignant l’importance de son œuvre historiographique publiée depuis plus de 30 ans. Ne contenant que des articles originaux, ce livre a été réalisé, à l’insu de celui qu’il devait honorer, par une douzaine de collaborateurs de la revue Renaissance Traditionnelle, tous membres des LNFU. Il faut rappeler que Roger Dachez dirige cette revue depuis 1992. Un exemplaire du livre a été remis à chaque membre des délégations obédientielles présentes. On peut en consulter le sommaire ainsi que quelques extraits, et l’acquérir en suivant ce lien. Voir ci-dessous la présentation de ce « mélanges » par Thierry Boudignon. 


Source : Hiram.be

lundi 6 octobre 2025

Histoire de la Loge Nationale Française

L'ouvrage collectif intitulé "Histoire de la Loge Nationale Française" vient de paraître aux éditions de la Tarente.


Il retrace les cinquante premières années d'une aventure maçonnique, avec un avant-propos de Roger Dachez.

Voici la quatrième de couverture :

"Cet ouvrage, rapportant les cinquante premières années de la Loge nationale française (LNF), est le produit du travail collectif d’un comité de rédaction : que tous ses membres en soient remerciés.

Il est d’abord présenté en témoignage de mémoire à tous les Frères et à toutes les Sœurs des Loges nationales françaises unies (LNFU), lesquelles sont l’aboutissement institutionnel régulier et la poursuite d’une démarche maçonnique originale initiée en 1968.

Il est en outre proposé à tous ceux et celles qui, de nos jours, s’intéressent aux destins divers qu’a connus la franc-maçonnerie traditionnelle en France, au XXe siècle.

Il est avant tout dédié au fondateur de la LNF, le Frère René Guilly, dit René Désaguliers (1921-1992), qui consacra sans partage à cette seule mouvance maçonnique créée par lui, pendant près de vingt-cinq ans (sur plus de quarante années de vie maçonnique), tout son savoir, toute son énergie et toute sa foi maçonnique."

mercredi 25 août 2021

Action de bienfaisance de la Loge l'Itinérante n°8 et du Lewis Club

Au titre des actions de Bienfaisance des des Loges Nationales Françaises Unies, son Grand Hospitalier, Dominique SAPPIA, a diffusé cette lettre hospitalière le 11 juillet 2021 :

Mes Bien Aimés et Très Chères Sœurs et Très Chers Frères,

J’ai le grand plaisir de venir vous informer de l’action de Bienfaisance qui a été concrétisée Vendredi 2 Juillet, au nom de de la Loge l’Itinérante n°8 et au des Loges Nationales Françaises Unies et de la Franc-Maçonnerie en général.

En effet à l’initiative du Lewis Club (Club des Sœurs et Frères de l’obédience de 42 ans et moins), et surtout sous la houlette de notre Sœur Emilie B. Vénérable Maître de l’Itinérante, nous avons pu remettre ce jour un chèque de 1720 euros à l’association Tournesol, en son siège de l’hôpital Saint Louis à Paris. Cette somme permettra l’organisation de sept concerts à l’hôpital, dont nous vous tiendrons informés.

Tournesol, Artistes à l’Hôpital est une association d’intérêt général créée en 1990, qui permet d’offrir aux personnes hospitalisées ou isolées, des moments artistiques riches en émotion

un large champ d’action

  • Plusieurs disciplines artistiques : musique, théâtre, poésie, lecture, danse, cirque contemporain, arts plastiques et visuels... avec différentes formes d’interventions : concert ou spectacle au cœur des lieux de vie et de soins, ainsi qu’au chevet des patients ; cycles d’ateliers ; résidences d’artistes...
  • Dans tout service des établissements de santé : médecine générale et cancérologie, soins palliatifs, psychiatrie, gériatrie, (poly)handicap, centres d’hébergement d’urgence...
  • Pour des publics de tout âge

A cette occasion la Très Chère Sœur Manuela L. Hospitalier de l’Itinérante a pu s’exprimer en notre nom à tous :

Au nom de la Loge l'Itinérante n°8, je tiens à vous remercier pour votre accueil chaleureux.

Cette collecte de fonds et les actions qui seront menées grâce à celle-ci matérialisent pleinement notre attachement profond à la bienfaisance.

Notre mobilisation démontre que la Franc maçonnerie sait à quelle point les actions concrètes sont importantes, bien loin des clichés récurrents véhiculés par les médias.

Nous espérons de tout cœur que notre modeste participation contribuera à égayer le quotidien des patients, ou à tout le moins à leur apporter un moment de plaisir partagé. La souffrance liée à la maladie ajoutée au contexte particulier de la pandémie a fait naître, j'en suis sûre, des envies de s'évader pour quelques instants !

Etaient aussi présents absents sur la photo, les Frères Samuel M. et Ronan B.


Je vous souhaite à toutes et tous un bel été, en vous rappelant à la plus grande prudence concernant la pandémie, je vous rappelle que l’ensemble des responsables de l’Obédience se tiennent à votre écoute si le besoin s’en faisait sentir, et surtout au nom de la Céleste Amitié qui nous unit, je vous embrasse avec toute mon affection Fraternelle.
 

samedi 28 décembre 2019

Action de Bienfaisance des LNFU – Octobre Rose

Dans le Cadre de ses actions de Bienfaisance, les Loges Nationales Françaises Unies (Loges Nationale Française et Loge Nationale Mixte Française) obédience de la Franc-Maçonnerie Française, ont voulu à leur façon et avec leurs modestes moyens, s’associer à Octobre Rose, le mois de la sensibilisation et de la lutte contre les cancers du sein. Ainsi une vente de pin’s représentant le ruban rose symbole d’Octobre Rose et marqué du sceau de l’équerre et du compas maçonnique, ont été vendus dans les Loges de l’obédience, et ont permis en quelques jours de recueillir la somme de 1000 euros.

C’est l’association "T'hatez-Vous!" qui a été choisie pour recevoir cette donation. "T’Hatez-vous" est une association qui aide la recherche contre le cancer du sein, à sensibiliser les femmes au dépistage par l’autopalpation.
Lundi 23 décembre 2019, représentant le Grand Maitre Roger Dachez, Dominique Sappia, Grand Hospitalier, a eu le plaisir de remettre cette somme de 1000 euros à la présidente de l’association Mme Joëlle Burot et à la secrétaire Manon Sarti, au nom des Loges Nationales Françaises Unies, au nom des toutes les Sœurs et les Frères de l’obédience, mais aussi au nom de la Franc-Maçonnerie en général.

Dans le même temps et grâce à un relationnel sportif et profane, nous avons facilité la rencontre avec Madame Vanessa Ohanian, Kinésithérapeute et directrice du Centre Femina, spécialisée dans les pathologies de la femme et professeure de sport, qui a organisé, toujours dans le cadre d’Octobre Rose un évènement de Pink Zumba, qui lui aussi a généré la somme de 1053 euros qui ont été remis le même jour à l’Association.

Les Loges Nationales Françaises Unies sont heureuses d’avoir ainsi pu contribuer directement et indirectement à aider l’association "T’Hâtez-vous !". Les Francs-Maçons, hommes et femmes de l’obédience, dans la lignée de leur fondateur René Guilly+, et de son Hospitalier National emblématique Robert Delafolie+ , sont fiers de pouvoir être actifs bien que modestement et en toute conscience, dans les luttes contre la misère humaine et la maladie.

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dimanche 17 novembre 2019

Para théurgie dans le RER

Lors de la Tenue du 27 juin 2019 de la Loge L'Equerre La Tradition Rectifiée n° 4, Roger Dachez a proposé une réflexion autour de la para théurgie dans le Rite Ecossais Rectifié, à travers la question suivante : en quoi les rituels des grades symboliques de ce rite sont-ils martinésistes ?

Voici un extrait :
"Voilà une question polémique aujourd’hui au sein du régime écossais rectifié caractérisée par 2 positions extrêmes : il y a ceux qui estiment que la pratique théurgique martinésiste fait partie intégrante du régime qui culmine alors dans l’Ordre des Elus Coëns, et il y a ceux qui rejettent purement et simplement le martinésisme comme charlatanesque et dangereux. Mais entre ces 2 choix, une position raisonnable et réfléchie, qui consisterait à ne pas ignorer la doctrine de Martinès sans pour autant tomber dans une pratique théurgique débridée, n’est-elle pas possible ? 
Dès la mort de Martinès de Pasqually en 1774 la question s’est posée du devenir de son œuvre. Ses premiers disciples ont tenté de l’expliquer comme en témoignent Les Leçons de Lyon aux Elus Coëns (éditées par Robert Amadou, chez Dervy en 1999) qui se tinrent jusqu’en 1776. Travail difficile mais quoiqu’il en soit de leurs efforts, c’est le Régime écossais rectifié qui naîtra à Lyon précisément en 1778 tandis l’Ordre des Elus Coëns cessera toute activité en 1780. On notera que les tentatives de réveil de cet ordre qui ont lieu au XXe siècle, dont celle de Robert Amadou, n’ont guère donné de bons fruits. Au convent de Lyon de 1778, donc, moment fondateur du rite écossais rectifié il est décidé de conserver –même de manière allusive-  la doctrine de Martinès qui va irriguer et donner son sens aux 4 grades symboliques de la Maçonnerie rectifiée et d’abandonner toutes les opérations théurgiques pratiques. 
Ainsi la Maçonnerie symbolique rectifiée a bel et bien une structure martinésiste qui donne une signification propre aux symboles et, en ce sens, le rite écossais rectifié est martinésiste. 
L’histoire des rituels rectifiés en cette fin de XVIIIe siècle le montre également. 
Lorsque les rituels de la Stricte Observance –que l’on pourrait qualifier de proto rectifiés- traduits en français par Abraham Bénard arrivent à Lyon en 1774 ils ne doivent rien, évidemment, à la pensée de Martinès. 
En revanche ceux de 1778 élaborés à Lyon doivent beaucoup au thaumaturge et, même si son influence n’est pas apparente –ostensible, comme on dit alors- sa doctrine donne une signification cohérente et homogène au nouveau rite écossais rectifié, notamment par l’idée d’histoire secrète de l’initiation telle qu’elle sera développée dans l’instruction aux Grands Profès. 
Ce sont ces rituels qui sont adoptés à Wilhelmsbad en 1782. 
Cependant la « victoire » de Willermoz à ce convent fut une victoire à la Pyrrhus puisque la réforme de Lyon ne sera pas adoptée en Allemagne. Le mystique Lyonnais se sent alors libre des engagements pris au convent et donne alors aux rituels rectifiés une marque plus explicite. Il procède à ce que l’on nomme « la dernière révision » dans les années 1786-1788, révision au cours de laquelle il injecte, clairement cette fois, des notions martinésistes dans les rituels : feu, terre et eau lors de la réception au 1er grade, les métaux au 2e grade, autant d’éléments issus de la physique martinésiste, le tout appuyé sur un appel explicite à l’intervention directe de la divinité lors des prières (« Bénis et dirige-toi-même les travaux de l’Ordre »). Ce n’est pas de la théurgie au sens strict mais une sorte de para théurgie. 
..."
 La suite sur le site de la Loge.

dimanche 29 septembre 2019

Rosicrucianisme maçonnique britannique

Lors de la Tenue du 11 avril 2019 de la Loge Elizabeth St Leger lettre Ɑ des LNFU, Roger Dachez a présenté un travail sur "le Rosicrucianisme maçonnique britannique, un autre visage de la maçonnerie d’outre-Manche : histoire et pratiques".

Voici la synthèse de la 1ère partie "Origine de la Rose Croix" :
Le Temple de la Rose-Croix, 1618
Si une cinquantaine de pseudo-Ordres Rose-Croix pullulent aujourd’hui, c’est le résultat d’une dégénérescence du thème rosicrucien dans le monde contemporain. Tout commence en fait en Allemagne au début du XVIIe siècle. Le tournant de 1610 est une période particulière, marquée par le premier centenaire du premier acte de la Réforme. C’est en 1517 que Luther a publié ses fameuses 95 thèses. Et en Allemagne, où est né le luthéranisme, il avait fait naître des espoirs, mais aussi de nombreux conflits, qui ont mené vers le milieu des années 1550 les États du Saint Empire restés catholiques et ceux convertis au protestantisme à sceller la paix d’Augsbourg. Chacun des États du Saint Empire est libre de choisir sa religion. Bien entendu, selon le principe Cujus Regio ejus Religio, Tel prince telle religion. 
Au début du XVIIIe siècle : même dans les petits États qui ont choisi la Réforme, on se rend compte qu’elle a construit une nouvelle orthodoxie. À l’Université de Tübingen, de jeunes théologiens constatent que la liberté d’Évangile promise par la Réforme n’a pas abouti et cherchent les moyens d’une nouvelle réformation. Ainsi, à Kassel en Hesse, un des plus anciens États protestants, sont publiés plusieurs ouvrages anonymes. D’abord en 1614 la Fama fraternitatis, l’écho de la fraternité. Puis l’année suivante, la Confessio Fraternitatis, la proclamation de la fraternité en réponse aux échos qu’avait suscités le premier manifeste. Et enfin, en 1616, un troisième document, plus long et d’une structure entièrement différente, Les Noces chymiques de Christian Rosenkreutz. Ces trois « manifestes de la Rose Croix » sont les trois seuls textes de toute l’histoire publiés sous l’égide de la Fraternité de la Rose Croix en Allemagne. 
Les deux premiers sont des textes doctrinaux, qui proposent un projet et racontent une légende. Le projet, c’est donc qu’une nouvelle réformation puisse apporter à tous les Chrétiens la république universelle à laquelle ils ont droit. On comprend l’anonymat. À cela s’ajoute en seconde partie un récit de fondation légendaire. 
Un mystérieux personnage, Christian Rosenkreutz, qui serait né au XVe siècle, aurait rencontré des sages en Orient et, revenu en Allemagne, aurait décidé de confier l’enseignement reçu à une petite société secrète qu’il crée alors : la fraternité de la Rose-Croix. C’est une référence explicite au blason de Luther, qui contient une croix et une rose. Le vocabulaire qu’ils utilisent, fort déroutant quoique dans l’air du temps, renvoie à des spéculations philosophiques et hermétiques, car 1615 en Europe, c’est le plein développement du courant hermético-kabbalistique. 
Le maître meurt et son tombeau est oublié après la disparition de ses compagnons. Mais il aurait été redécouvert par accident dans une crypte, avec un livre permettant de tout retrouver. Les auteurs des manifestes s’en revendiquent donc les héritiers et auraient décidé de voyager à travers le monde pour en répandre les enseignements. Ils restent invisibles, c’est-à-dire qu’ils se fondent dans le quotidien des pays, mais on peut chercher à les trouver pour entamer avec eux un dialogue. 
Dans le dernier ouvrage, les Noces chymiques, le ton et le style changent radicalement. C’est une sorte de conte initiatique sur une aventure de jeunesse de Christian Rosenkreutz. Une croix dessinée sur ses vêtements, une rose à son chapeau, il se promène et découvre un château dont les différentes salles recèlent des scènes mystiques qui se jouent devant ses yeux, délivrant un enseignement de manière codée. L’ensemble a suscité des commentaires infinis. On en retient aussi une ambiance mystique et initiatique, car, à la fin, Christian reçoit la qualification d’une chevalerie mystique qu’on lui demande de répandre. 
Ces trois textes ont un immense écho en Europe : en une vingtaine d’années, plus de 200 ouvrages commentent ces manifestes ou y répondent. De grands érudits de l’époque comme Michel Maier ou Robert Fludd, séduit par le projet de nouvelle réformation, vont chercher à entrer en contact avec la fraternité. 
En fait, l’ordre d’origine de la rose Croix n’a jamais existé. C’est un ludibrium, un canular sérieux, l’invention d’un ordre fictif pour transmettre un message. Les manifestes ont été écrits par un petit groupe de jeunes théologiens qu’on appelle le cénacle de Tübingen. On connaît aujourd’hui leurs noms, notamment Johann Valentin Andreae, issu d’une vieille famille liée aux origines de la Réforme. 
Or jusqu’à la fin du XVIIe siècle, en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, après les premiers intellectuels comme Fludd, apparaît une deuxième vague de littérature produite autour des manifestes Rose Croix par des gens qui prétendent appartenir à la Fraternité et en expliquer les écrits. C’est ce qu’on peut appeler la littérature rosicrucienne. En général, ils ignorent tant l’identité que le projet réel des auteurs des premiers manifestes. Ils s’inscrivent dans le courant ésotérique de la Renaissance. Cela crée un courant rosicrucien complètement détaché du projet des origines. Antoine Faivre le compte parmi les cinq courants fondateurs de la tradition ésotérique occidentale moderne. Mais ce n’est qu’une tradition littéraire qui ne s’appuie encore sur aucune autre structure. 
Cela change en Allemagne au début du XVIIIe siècle. En 1710, le pasteur Samuel Richter, sous le nom de plume de Renatus Sincerus, publie le Règlement et une esquisse de rituel de l’ordre de la Rose-Croix. Un document atteste donc d’une Rose-Croix qui se prétend organisée sous forme d’un ordre avant les débuts de la franc-maçonnerie spéculative, même si en dehors de ce livre on n’en a aucune confirmation documentaire.
Mais entre les années 1750 et le milieu des années 1780 va naître en Allemagne l’Ordre des Rose-Croix d’or d’ancien système, dans lequel on rencontre de très nombreux francs-maçons mais pas seulement. Il se développe en Allemagne et un peu en France. Il s’appuie sur un système de grades qui reproduit l’arbre séphirotique, avec un grade par Séphira. Partant de Malkus, on parcourt les sept Sephiroth inférieures sans atteindre les trois supérieures, et encore moins la dixième, domaine de l’en-sof, l’immensité divine. Les dénominations de ces grades vont perdurer : Les dénominations de ces grades vont perdurer : zelator, practicus, theoricus, philosophus, adeptus minor, adeptus major, adeptus exemptus. 
Les rituels qu’on possède sont fragmentaires et semblent inachevés. Sans être maçonniques, ils ressemblent beaucoup à de la maçonnerie. On ouvre un grade et on le ferme. Entre les deux, on le confère à un candidat en lui faisant vivre un certain nombre de péripéties symboliques où on lui montre des objets et des signes. Un enseignement est délivré par un catéchisme en demandes et réponses. Le contenu mêle hermétisme, alchimie, kabbale, magie avec assez peu de cohérence. Les Rose Croix d’Or d’Ancien Système disparaissent sans postérité à la fin des années 1780.
La suite sur le site de la Loge...

mardi 17 septembre 2019

17e Salon Maçonnique du Livre de Paris

Sous l'égide de l'Institut Maçonnique de France avec la participation des 17 obédiences, se tiendra le 17e Salon Maçonnique du Livre de Paris les 16 et 17 novembre 2019, à La Bellevilloise (Paris XXe).

Vous pourrez y rencontrer en particulier des représentants des LNFU et de la revue Renaissance Traditionnelle.

Voici le programme de ces deux jours :

dimanche 8 septembre 2019

Les Sœurs des LNFU courent et marchent contre le cancer du sein !

Dans le cadre des actions de Bienfaisance des Loges Nationales Françaises Unies et sous l’impulsion du Lewis Club de Paris, dimanche 8 Septembre 2019, 5 Sœurs ont participé à la course La Parisienne, marchant ou courant les 7 km du parcours.


Portant fièrement les couleurs de la lutte contre le cancer du sein, ainsi que celles subliminales du Lewis Club, nos sœurs ont aussi contribué par leur inscription et leur participation financière, offerte par notre obédience, au financement de la Fondation pour la Recherche Médicale.

3 des représentantes des LNFU
Le Lewis Club s’est ensuite chargé d’organiser un pique-nique Fraternel et familial afin de réconforter et compenser les pertes énergétiques de nos vaillantes sœurs !

Félicitons-nous de cette action, qui a allié Bienfaisance et partage Fraternel, et qui doit en appeler beaucoup d’autres de la part de toutes nos structures.

Dominique SAPPIA
Grand Hospitalier
Loges Nationales Françaises Unies

dimanche 30 juin 2019

Action de Bienfaisance des LNFU

Le mercredi 26 juin 2019 dans le cadre des actions de Bienfaisance obédientielle les représentants des Loges Nationales Françaises Unies (Loges Nationale Française et Loge Nationale Mixte Française) ont eu le plaisir de faire l'acquisition d'un arthromoteur de type Kinetec, afin de l'offrir à l'association Sourire à la Vie. 

L'association Sourire à la vie (www.sourirealavie.fr) présidée par Mr Frédéric Sotteau, accompagne les enfants atteints de cancer en proposant un programme sportif complet, des jeux éducatifs et créatifs et des temps de répit pour permettre aux parents de souffler. Le programme débute au plus près du diagnostic de l'enfant dans la chambre à l'hôpital et se poursuit tout au long du parcours de l'enfant en favorisant son épanouissement et en lui permettant de rester actif. Un programme complet combine ainsi relaxation, imagerie mentale, préparation physique, massages, rééducation et suivi nutritionnel, pour permettre à l’enfant de disposer d'un maximum de ressources au moment où il en a le plus besoin. Avec ce programme, il reste en meilleure forme physique et morale, perd moins de poids, conserve une meilleure autonomie. Il apprend à gérer ses angoisses, reprend confiance en lui et améliore son estime de soi. 

Dr Blandine Vallentin, Frédéric Sotteau, Dominique Sappia,
Rodolphe Cristiano, Djamel Khaïda, Robert Guinot
Représentant le Grand Maitre Roger Dachez: Robert Guinot (Président du Conseil des Sages), Rodolphe Cristiano (Délégué Régional Grand Sud du Grand Conseil) et Dominique Sappia (Grand Hospitalier) ont remis cette dotation au nom de tous les membres des Loges Nationales Françaises Unies. 

Les LNFU remercient de tout cœur ceux grâce à qui cette action de bienfaisance a été rendue possible, à savoir la société Kinetec (www.kinetec.fr), fabricant de cet appareil, permettant la mobilisation et la récupération des amplitudes de genou de ces jeunes patients dans le cadre de pathologies oncologiques touchant l'articulation. Un remerciement tout particulier à Monsieur Djamel Khaïda dirigeant de la Société Solo Médical sans qui cette action n'aurait pas été possible.

(Source : Loge La Céleste Amitié des LNFU)

dimanche 9 juin 2019

Charte des LNFU


CHARTE ET DÉCLARATION DE PRINCIPES
DE LA FRANC-MAÇONNERIE TRADITIONNELLE LIBRE


Nous, Sœurs et Frères de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre (FMTL), œuvrant au sein de la Loge Nationale Française (LNF) et de la Loge Nationale Mixte Française (LNMF) et qui formons ensemble les Loges Nationales Françaises Unies (LNFU), affirmons notre attachement aux principes suivants et nous engageons à les maintenir parmi nous :


ARTICLE I
La franc-maçonnerie est de nature spirituelle et traditionnelle. Fondée depuis ses origines sur la foi en Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, elle vise à la transformation initiatique de ses membres par la réception du message de Lumière et d'Amour que, depuis son origine, la tradition maçonnique a identifié à l'Evangile de Jean, à travers la pratique rigoureuse des usages, des rites et des cérémonies maçonniques.

C’est pourquoi la franc-maçonnerie doit bannir avec une extrême rigueur de ses Loges, sous peine de manquer à sa mission fondamentale, tout ce qui est contraire à ces définitions. Elle doit notamment se refuser à toute activité dans le domaine politique, social, économique et financier, ce qui est une source abondante de mésentente et de conflits entre ses membres. Les Loges s’interdiront tout exposé et tout travail sur ces sujets et leurs membres s’abstiendront de toute conversation de ce genre lors des réunions maçonniques quelles qu’elles soient.

Cultivant la modération et la courtoisie, les Maçons se doivent également d'observer une grande décence dans leurs propos et de s'abstenir de tout excès susceptible de modifier et d'altérer leur comportement.

ARTICLE II
L'entraide a toujours été une des grandes règles de la franc-maçonnerie. Elle exige cependant d'être exercée avec beaucoup de discernement. Elle doit notamment se limiter aux services qui allègent les difficultés réelles que rencontrent les uns et les autres au cours de leur existence et ne jamais devenir une sorte d'association matérielle ou de complicité pour le profit.

ARTICLE III
La bienfaisance est aussi un des buts les plus anciens de la franc-maçonnerie. Elle se distingue de l'entraide en ne se limitant pas aux membres de l'Ordre. Elle est pratiquée soit par les Loges, soit individuellement par leurs membres. C’est un engagement majeur de toute franc-maçonnerie vraiment consciente d’elle-même.

ARTICLE IV
Parmi les dangers qui menacent la vie initiatique des Loges, la recherche des honneurs doit certainement être considérée à l’égal des plus graves. La hiérarchie qui est une des structures naturelles de la franc-maçonnerie peut en effet tenter des Maçons plus soucieux d’apparence que de réalité, plus désireux d’exercer une autorité illusoire que d’assumer pleinement des charges et des responsabilités.

Il faut reconnaître par ailleurs que la place importante que prennent nécessairement des Maçons compétents, actifs et dévoués est un autre péril, car ces derniers habituent les membres des Loges à la facilité et leur succession devient d’année en année plus difficile.

C’est pourquoi nous estimons que le changement de Vénérable chaque année dans les Loges est une pratique à recommander, si toutefois les circonstances et la situation de la Loge le permettent sans risque pour elle. Il est en outre très souhaitable que le futur Vénérable ait occupé différents postes des filières propres à chaque Rite. Les aptitudes de tous peuvent ainsi apparaître clairement et les listes des Officiers à élire chaque année ne doivent être établies que dans le seul intérêt de la Loge et du Rite, et jamais dans un esprit de complaisance ou de concession à une vanité trop humaine.

ARTICLE V
Les Loges sont dirigées de façon collégiale par les Maîtres Maçons réunis en Conférence de Maîtres, limitée aux seuls membres actifs. La plus large unanimité est toujours recherchée. Les Apprentis et les Compagnons ne sont jamais associés ou mêlés aux décisions à prendre ni aux discussions qu’elles suscitent. La fonction de Conseil des sages que doit y jouer l’ensemble des Passés-Maître doit en outre soulignée.

ARTICLE VI
Les initiations et les affiliations ne sont décidées qu’à l’unanimité, ce qui signifie que chaque membre d’une Loge dispose d’un droit d’opposition pour des motifs sérieux et légitimes et selon les dispositions du Règlement intérieur de chaque Loge. On ne doit pas permettre en effet qu’une Loge soit troublée par l’admission d’un nouveau membre contre le gré d’un membre plus ancien. Si la répétition ou le nombre de ces oppositions crée une crise au sein d’une Loge, une issue possible est la création d’une nouvelle Loge, ce que tous doivent faciliter dans un climat de conciliation.

Ces initiations et ces affiliations devront être précédées de la plus large publicité maçonnique permise par les circonstances, ces actes importants devant être accomplis au su de tous en toute clarté et loyauté. Elles doivent impérativement respecter les stipulations du Règlement général sous peine de nullité et de sanction pour la loge qui aura manqué à ses obligations.

D’une façon plus générale, on ne perdra pas de vue que l’association maçonnique étant fondée sur la libre cooptation et la coexistence paisible et harmonieuse, aucune règle supérieure à celles-ci ne saurait imposer à des membres, séparés momentanément ou durablement par des antipathies ou des incompatibilités, de continuer à se fréquenter dans la même Loge. Cette situation, profondément regrettable certes, mais qui se rencontre malheureusement parfois, compromet en effet tout travail initiatique et toute évolution heureuse des uns et des autres. On devra dans ce cas s’efforcer de parvenir d’un commun accord à des essaimages ou à des changements d’appartenance ce qui, en supprimant dans l’immédiat des causes de frictions, sera aussi un moyen sûr de rétablir dans l’avenir des relations plus normales et plus satisfaisantes.

ARTICLE VII
Les augmentations de salaire sont de la même façon décidées à l’unanimité. Les candidats doivent avant tout avoir fait preuve d’assiduité et montré leur instruction maçonnique, leur ancienneté dans un grade étant une donnée secondaire par rapport à la qualité de leur engagement. Leur conduite doit être, à tous égards, irréprochable.

ARTICLE VIII
Nous constatons que le pluralisme des Rites est une réalité maçonnique qui doit être admise. Nous pensons qu'à travers ce pluralisme des rites une recherche initiatique méthodique et prudente doit permettre de retrouver l'essence traditionnelle de la Maçonnerie, ce que nous développons au sein de nos Loges d’Etude, l’instruction maçonnique et la connaissance approfondie des sources de la franc-maçonnerie étant une des préoccupations essentielles de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre

Les Rites ne s'excluent pas, ils se complètent. Un Maçon peut pratiquer plusieurs rites mais il faut dans ce cas qu'il s'abstienne soigneusement de les mêler par ignorance ou par un désir irréfléchi de bien faire.

Sans exclusive pour l’avenir, nous nous sommes attachés aux Rites suivants, dans le respect absolu de leurs textes fondamentaux, placés sous le contrôle du Collège des Fondateurs:
  • Rite Moderne Français Traditionnel (RMFT) - selon des textes français des XVIIème et XVIIIème siècles et de vieux textes anglais, écossais et irlandais, dont le plus ancien actuellement connu remonte à 1696.
  • Rite Anglais Style Emulation (RAE) - issu en Angleterre de l'Union de 1813.
  • Rite Ecossais Rectifié (RER) - conformément aux textes établis de 1782 (au Convent de Wilhelmsbad) à 1809 (sous la responsabilité personnelle de J.-B. Willermoz).
  • En outre, la cérémonie d’Installation secrète du Maître de Loge est reconnue comme un vénérable et ancien usage du Métier.
Chacun de ces Rites comporte un ou plusieurs grades complémentaires qui sont conférés dans des organismes distincts des Loges symboliques et de leur fédération, et dotés d’une administration spécifique. Les Loges Nationales Françaises Unies en déterminent la liste et concluent des accords avec eux. En particulier, ces organismes seront fraternellement consultés pour toute question rituelle de leur ressort.

ARTICLE IX
De même, la diversité obédientielle nous semble une donnée irréversible de la tradition maçonnique française dont tous les francs-maçons, quelle que soit leur appartenance, sont les héritiers. Nous ne considérons pas ce pluralisme comme un champ de concurrence ni comme une occasion de querelles. Ouverts à la différence et soucieux de partager, nous souhaitons au contraire occuper notre place dans le paysage maçonnique en préservant notre identité et nos principes, dans le respect des obédiences qu’animent les mêmes sentiments et dont les membres sont dès lors fraternellement accueillis dans nos Loges.

ARTICLE X
Le premier devoir de tout Maçon est le travail. C’est pourquoi les membres de toutes les Loges des Loges Nationales Françaises Unies s’engagent à préparer soigneusement les Tenues en fonction de leur ordre du jour, prévu si possible dès le début de l’année maçonnique.

Dans le même esprit, la pratique exacte du rituel est un des éléments fondamentaux de la vie maçonnique. Elle suppose en particulier, de la part des Officiers, le bon accomplissement de leur fonction symbolique. Ils ont le devoir d’acquérir une connaissance sérieuse de leur rituel dont la lecture régulière et réfléchie, outre qu’elle leur apportera des aperçus toujours nouveaux sur les leçons que la franc-maçonnerie nous adresse, leur permettra ainsi d’en mieux maîtriser la pratique.

ARTICLE XI
C’est dans le cadre strict des Rites et des rituels définis par les Loges Nationales Françaises Unies que se situe le travail de ses Loges, et aucune référence à d’autres Rites, ni à d’autres pratiques obédientielles, ne peut être envisagée.

De même, la pratique des grades complémentaires est un des objectifs des membres de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre, au sein des organismes appropriés, et la présence de ces grades, complément naturel et nécessaire de la maçonnerie symbolique, est ostensible en son sein.

ARTICLE XII
Tout membre actuel ou futur des Loges Nationales Françaises Unies doit accepter sans réticence tous les principes énoncés ci-dessus, et s’engage à ne pas y porter atteinte, sauf à devoir reconsidérer son appartenance ou à se voir légitimement refuser son initiation ou son affiliation.

ARTICLE XIII
Enfin, sans prétendre à une quelconque filiation historique ni revendiquer la moindre préséance, mais pour témoigner de notre souci de nous inspirer d’une longue et vénérable tradition, nous avons adopté des armes s’inspirant de celles accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres : « God is our Guide », « Dieu est notre Guide », et reprises plus tard par la première Grande Loge de Londres créée en 1717, ainsi que la devise de ladite Compagnie en 1677 : « In the Lord is all our Trust », « Nous plaçons toute notre confiance dans le Seigneur », ce qui doit s'entendre dans tous les sens, et notamment dans le sens tiré de la tradition biblique, en se souvenant que l'Eternel sur le Sinaï guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle du Temple élevé à Jérusalem pour être la Demeure du Seigneur, sous les ordres du Roi Salomon, avec l'aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d'Hiram Abif.

Déclaration adoptée par
le Grand Conseil des LNFU
le 09 juin 2018

dimanche 12 mai 2019

Le tableau du 2e grade du RER

En 1991, la Loge L'Equerre - La Tradition Rectifiée n° 4 (LNF) avait travaillé sur le tableau de Loge au 2e grade du Rite Ecossais Rectifié, dont voici une synthèse :
"Le tableau, c’est la Loge. C’est le même qu’au 1er grade. La seule différence visible ou sensible réside dans le nom de la 2e colonne. Le candidat, lui, apprendra la signification et le rôle de la lettre G et monte l’escalier jusqu’à la 5e marche. 
Problème des 2 colonnes : La signification du nom de ces colonnes donnée par la Bible n’est pas la même que celle donnée par Régime Ecossais Rectifié qui indique au premier grade « Dieu m’a créé » (on découvre la création) et au deuxième « en Lui est ma force » où l’on propose au candidat un programme spirituel. 
Il y a lieu de distinguer les points de vue de l’archéologie et de la tradition.
Sur le plan archéologique il y a des temps ou âges des colonnes :
  • temps préhistoriques (pierres dressées liées à la divinité) ;
  • âge du bronze (colonnes creuses);
  • âge historique (livre des Rois et des chroniques).
Sur le plan traditionnel il y a les colonnes antédiluviennes et les colonnes du Temple de Salomon (avec leur dimension, leur situation, leur signification), ces dernières liées au mot du Maçon. Mais à partir du milieu XIXe siècle, cette question des colonnes est traitée avec la plus grande fantaisie. 
L’Etoile et la lettre G : à l’origine les 2 éléments sont disjoints. L’étoile, avec ou sans branches, trouve sa place au 1er grade et symbolise la lumière. La lettre G surdétermine ou renforce la signification de l’Etoile (cf. une gravure de 1742). Elle signifie Géométrie (le Dieu Géomètre des Anciens Devoirs) ou plus simplement God ou Dieu (dès les premiers rituels français). En plaçant la lettre G au centre de l’Etoile on transforme la Loge d’Apprenti en Loge de Compagnon. L’Apprenti reçoit la lumière, le Compagnon apprend que la lumière est Dieu. Ainsi la lettre G, au centre, est un guide, notion importante au RER."
Pour plus de détails, allez sur le site de la Loge...

samedi 4 mai 2019

Règle maçonnique rectifiée : immortalité de l'âme

Dans sa Tenue du 3 juin 1991, la Loge L'Equerre - la Tradition Rectifiée n° 4 (LNF) a travaillé sur l'article II "Immortalité de l’âme" de la Règle maçonnique pour en donner quelques commentaires.

Voici l'article II "Immortalité de l’âme" :
I
Homme ! Roi du monde ! Chef-d’œuvre de la création lorsque Dieu l’anima de son souffle ! Médite ta sublime destination. Tout ce qui végète autour de toi, et n’a qu‘une vie animale, périt avec le temps, et est soumis à ton empire : ton âme immortelle seule, émanée du sein de la Divinité, survit aux choses matérielles et ne périra point. Voilà ton vrai titre de noblesse ; sens vivement ton bonheur, mais sans orgueil : il perdit ta race et te replongerait dans l’abîme. Etre dégradé ! malgré ta grandeur primitive et relative, qu’es-tu devant l’Eternel ? Adore-le dans la poussière et sépare avec soin ce principe céleste et indestructible des alliages étrangers ; cultive ton âme immortelle et perfectible, et rends-la susceptible d’être réunie à la source pure du bien, lorsqu’elle sera dégagée des vapeurs grossières de la matière. C’est ainsi que tu seras libre au milieu des fers, heureux au sein même du malheur, inébranlable au plus fort des orages et que tu mourras sans frayeur. 
II
Maçon ! Si jamais tu pouvais douter de la nature immortelle de ton âme, et de ta haute destination, l’initiation serait sans fruit pour toi ; tu cesserais d’être le fils adoptif de la sagesse, et tu serais confondu dans la foule des êtres matériels et profanes, qui tâtonnent dans les ténèbres.
Et voici les commentaires :
"&I. Ce paragraphe, écrit dans un style littéraire peu adapté à des hommes de la fin du XXe siècle, renferme pourtant des enseignements rectifiés. On y apprend la constitution intime de l’homme qui est ternaire : matériel ou corps ; vie animale ou âme ; âme immortelle ou esprit. Cette tripartition, largement oubliée aujourd’hui et réduite à la dualité corps-âme, est cependant attestée dès Saint Paul et classique dans le christianisme jusqu’au Moyen âge. L’esprit est donc l’âme immortelle émanée de la divinité. Ce principe, par un travail qui commence par l’adhésion intellectuelle et qui s’achèvera, au cours d’un cheminement spirituel, par la réalisation spirituelle, doit se séparer des alliages étrangers dans lesquels il est englué, le corps et l’âme c’est-à-dire le monde où nous sommes en exil depuis la Chute."
Pour plus de détails, allez sur le site de la Loge.

dimanche 28 avril 2019

La Loge Le Vray Désir est en ligne !

La Loge Le Vray Désir lettre ד (LNF) a le plaisir de lancer son site Internet : vraydesir.fmtl.fr.
Grace au concours du Grand Archiviste de LNFU, de nombreux comptes-rendus seront régulièrement publiés.

Créée en 1983, cette Loge, ayant la particularité de travailler, le plus souvent, au quatrième et dernier grade symbolique du Régime Ecossais Rectifié, s’applique à étudier avec minutie les sources et textes fondateurs de ce Rite, autour de la personnalité de Jean-Baptiste Willermoz, qui en fut le principal ouvrier.

A titre d'exemple, voici les notes de la Tenue du 4 avril 1987 qui portait sur l'étude de l'instruction secrète des Grands Profès (1ère partie, suite), sous la direction de René Guilly.
"Avant propos 
Les références des paragraphes suivent le texte publié in Renaissance Traditionnelle n° 181-182 (janvier-avril 2016) que nous considérons comme le texte de « référence ». Ce texte, de 1778, était lu au candidat Grand Profès. La Grande Profession, classe secrète composée de C.B.C.S., était une sorte de collège, de conservatoire du rite. Les GGPP avaient pour rôle, sans se faire connaître, de guider les Frères dans leur carrière maçonnique, de rectifier... On peut attribuer ce rôle, aujourd'hui, au 4e grade du RER. La cérémonie de réception se déroulait de la façon suivante : les Frères étaient réunis en cercle. On disait une prière et on donnait la lecture intégrale du texte...

§10 
« figuraient aux apparences sensibles »L'initiation (la cérémonie), d'une certaine manière, est trompeuse, en ce sens qu'elle ne montre que des apparences, des symboles. Il faut dépasser ce stade par l'intuition.

§ 11 
« à croire en elle avec confiance » 
La foi précède la connaissance. Elle en est le chemin. 
« nature générale et particulière … agents individuels » 
Nature universelle = l'univers; nature générale = la terre; nature particulière = l'homme; l'agent individuel = l'homme 
« sentiment intime » 
C'est l'intuition, une voie de communication interne et intérieure (que l'on peut opposer au regard physique). 
« philosophes » 
Il s'agit des philosophes du mouvement sensualiste qui court de Hume à Condillac. 
« la vraie forme d'(...)un individu matériel » 
La notion de « forme », issue de la philosophie scholastique, est très délicate à comprendre. Il semble que nous entrons ici dans le domaine de l'abstraction d'où l'étude de la très importante série des nombres du RER: « 3, 6, 9, 4 ». 3 désigne la matière inorganisée (au moment de la création), 6 désigne la matière organisée (le monde temporel). Est-ce ici que l'on peut introduire la notion de forme? L'axe feu central, par les esprits ternaires, est au cœur de l'existence de la matière. 9 désigne la dissolution de la matière (figurée par le tableau à l'occident au grade de Maître). 4 désigne la lumière (la vie spirituelle, éternelle).René Le Forestier écrit dans son ouvrage sur les Elus Coëns, p. 49. « Trois ou ternaire est le type de la matière. Il représente trois substances fondamentales: soufre, sel et mercure ». P. 53 « Six ou sénaire est le nombre de la création. C'est par le sénaire que le Créateur fit sortir de sa pensée toutes les espèces d'images de formes (c'est nous qui soulignons) corporelles apparentes qui subsistent dans le cercle universel ». P. 57 « Neuf est démoniaque car il est le nombre de la matière multiplié par lui-même ». P 50 à 53 « Quatre ou quaternaire est le nombre spirituel divin dont le Créateur s'est servi pour l'émanation spirituelle de tout être vivant » (...) Nombre de l'énergie créatrice (...) Il est le nombre de « l'axe feu central » (...) qui a donné naissance (par les agents ternaires) à toutes les formes corporelles et les entretient dans cette existence. Il contribue à la perfection des formes prises par la matière indifférente, parce qu'il donne le mouvement et l'action à la forme et parce qu'il préside à tout être créé, comme étant le principal nombre d'où tout est provenu ».

§12 
« le principe universel » 
C'est la volonté de Dieu, agent universel, cause intelligente et active, le Verbe ou la Parole de l'Evangile. Les 3 facultés divines de pensée, volonté et action sont en Dieu lui-même. 
« hors de l'univers » 
La véritable réalité des êtres spirituels qui peuvent se trouver dans le monde sensible, est hors de ce monde sensible. 
« agents puissants et actifs » 
Ce sont les agents ternaires, issus de l'axe feu central, qui produisent les formes matérielles, les entretiennent dans leur existence et les dissolvent en s'en retirant (cf. Des Erreurs et de la Vérité de Louis Claude de Saint-Martin). 
« voie ténébreuse des sens » 
Ce sont les ténèbres de la matière. 
« religieux et naturels » 
La nature (qui peut être proposée ici dans le double sens de nature naturante et de nature naturée) est un moyen de remonter vers le surnaturel. 
« conservant par les initiations » 
L'initiation, c'est à la fois la mémoire imparfaite de la tradition primordiale et le moyen de remonter à cette origine spirituelle. 
« temple célèbre » 
Le Temple de Salomon est composée de 3 parties qui correspondent aux 3 parties hiérarchisée de l'homme et de l'Univers. 
« initiés » 
Ce terme se comprend ici dans la perspective sacerdotale juive.

§ 13 
« figurait (…) aux » 
Représentation symbolique qui implique une notion d'effort personnel pour parcourir le chemin spirituel. On pourrait en tirer l'idée que, dans la voie spirituelle, la place des « œuvres » est plus importante que celle de la « grâce », s'opposant ainsi au quiétisme. C'est tout la question complexe de la foi et des œuvres. 
« seconde classe » 
En 1778, puisque ce texte est de cette époque, la seconde classe c'est celle de la Grande Profession, tout récemment créée.Commentaire :A la base du RER il y a l'idée qu'il y a un être spirituel dans l'homme.La pédagogie maçonnique propose les choses (idées, symboles, doctrine) aux Frères sans chercher à les convaincre absolument. En ce sens l'initiation ne fait que donner une chance à celui qui la reçoit. Il lui faut ensuite faire des efforts seul, mais cependant entouré, aidé et aimé par ses Frères, d'où la responsabilité de ceux-ci et particulièrement des responsables des Loges « bleues ». [cf. René Guénon, Aperçus sur l'initiation, pp. 32 et 33].

§14 
« science » 
La science spirituelle, c'est le culte que les Elus-Coens (= prêtres) de Martinès de Pasqually devaient rendre à l'Eternel. Dans cette perspective la Maçonnerie est une certaine forme de culte et on peut la qualifier de voie religieuse. Si la distinction entre religion et initiation apparaît très délicate, on peut dire que la Maçonnerie est une voie complémentaire à la religion, mais une voie non nécessaire, donc un « luxe » supplémentaire.A la fin paragraphe, il y a l'idée d'une adhésion à la foi [cf. § 11].

§ 15 
« moyens physiques » 
Ce sont des moyens intermédiaires. 
« la formation, l’entretien et la fin de toutes choses temporelles » 
Il y a une allusion à la structure des 3 grades : formation = apprenti, entretien = compagnon, fin de toutes choses = maître. 
« l'homme de désir » 
C’est le cherchant pour qui la quête n'est jamais vaine. 
[...]"
La suite sur le site de la Loge.

vendredi 19 avril 2019

Etude comparée de 3 divulgations maçonniques françaises

Afin d'illustrer la méthode de recherche scientifique développée au sein des LNFU en général et de la Loge Jean-Théophile Désaguliers n°1 en particulier, nous publions cette étude menée sous la direction de René Guilly fondateur du Rite Moderne Français Traditionnel.

Voici la première partie correspondant à la Tenue du 15 janvier 1987 : 
1. Demande : Quel est le premier soin du Maçon ?
Réponse : C’est de voir si la Loge est couverte.
 
Cf. Le Catéchisme des Francs-maçons : 7e demande. Sur la « couverture » de la Loge : Cf. Ms d’Edimbourg (1696) et Sloane 8e demande. 
2. D. D’où venez-vous ?
R. De la Loge Saint-Jean.
3. D. Quelle recommandation nous apportez-vous ?
R. Bon accueil aux Frères & Compagnons de cette Loge.
4. D. N’apportez-vous rien de plus ?
R. Le Vénérable Maître de la Loge Saint-Jean vous salue par trois fois.
 
Sur la Loge de Saint-Jean et la triple salutation dite « Salutation de l’étranger », c’est-à-dire des visiteurs, Cf. Ms d’Edimbourg et Les Ordonnances de Torgau (1462) faisant suite aux Statuts de Ratisbonne, règle 107 (1459). Ces textes allemands pourraient suggérer des contacts anciens entre l’Allemagne et l’Angleterre.
La « Salutation de l’étranger » serait une clef qui donne l’entrée de la loge. On peut la comparer au Mot du Maçon qui a le même usage. 
Le Mot du Maçon formé de 2 mots, aujourd’hui réparti sur les 2 premiers grades, nous rappelle un état ancien où le grade d’apprentif-compagnon ne formait qu’un tout. S’il y avait bien 2 cérémonies, elles étaient délivrées le même jour. Au début du XVIIIe siècle, avec l’apparition d’un 3e grade, cette pratique, directement issue des origines opératives de la Maçonnerie, disparaît. Or le Mot du maçon ne prend véritablement son sens que lorsque les 2 mots qui le composent sont réunis.
Notons l’association ternaire suivante :

  • VM - Sagesse
  • 1er S. – Force - Jakhin
  • 2eS. – Beauté - Boaz 
5. D. Que venez-vous faire ici ?
R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, & faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.
 
Cf. Masonry Dissected de Samuel Prichard (1730).
Et voici la suite lors de la Tenue du 18 juin 1987 :
6. D. Etes-vous Maçon ?
R. Mes Frères & Compagnons me reconnoissent pour tel.
 
On trouve cette question avec la réponse « Oui, je le suis » dans la « Synthèse Ecossaise » dès 1696 et les textes ultérieurs. La réponse complète se trouve dans le Wilkinson (circa 1727) et la divulgation de Prichard (1730). Remarquons l’expression : « Frères et Compagnons ». Elle se trouve dans le Chant des Apprentis de Jean-Christophe Naudot (1690-1762) publié en 1737. Sans doute faut-il voir ici une allusion au grade d’« Apprentif-Compagnon ». 
7. D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ?
R. A mes signes & mes marques, & au point parfait de mon entrée.
 
Le Catéchisme de Travenol donne comme réponse : « Au signe, attouchement et à la parole ». Cette séquence est dans un ordre logique et pratique : le signe peut se faire à distance, l’attouchement de plus près et la parole donnée à l’oreille, de très près.
La réponse donnée dans le Sceau se trouve dans le Wilkinson, et peut-être antérieurement : il faudrait chercher dans un texte de 1711. 
Il y a lieu de distinguer « signes » au pluriel de « signe » au singulier. Les « signes » au pluriel sont détaillés dans la demande et réponse suivante (n° 8) : ce sont l’Equerre, le Niveau et la Perpendiculaire. Le « signe » au singulier, dont la source se trouve dans la Synthèse Ecossaise de 1696, fait référence au premier point parfait de l’entrée (Cf. Demandes et réponses 10 à 12). 
Marque et attouchement : le mot anglais qui désigne l’attouchement pourrait, dans un sens ancien, signifier aussi « marque ». Néanmoins il existe un mot anglais « mark » pour désigner une marque tandis que le mot « token » qui désigne l’attouchement peut aussi signifier « code ». L’attouchement se donne lors de la poignée de main, en anglais « grip » (à ne pas confondre avec la notion française de « griffe », poignée de main qui se donne au grade de Maître), et il peut alors être assimilé, lors de la pression que l’on donne, à une marque. 
Plus tardivement, vers 1730, on ajoutera à la réponse « et aux circonstances de ma réception », ce qui ouvrira la porte sur la description de la réception. 
8 D. Quels sont les signes des Maçons ?
R.. L’Equerre, le Niveau et la Perpendiculaire.
 
La source de ce ternaire remonte aux années 1727-1730 ce qui dénote un rapport entre Le Sceau rompu, le Wilkinson et Prichard. L’Equerre, seule, se trouve dans le Sloane (1700) comme signe de reconnaissance (dans ce manuscrit, elle est une lumière et le moyen de prêter serment). C’est une clef fondamentale dans la maçonnerie opérative. Ce n’est qu’en 1727 que la Grande Loge de Londres décide d’attribuer les bijoux de la façon suivante : l’Equerre au Vénérable Maître, le Niveau au 1er Surveillant et la Perpendiculaire au 2è Surveillant. 
9 D. Quelles sont les marques ?
R. Certains attouchements réguliers que l’on se donne entre Frères.
 
L’expression « certaines poignées de main » se trouve dès les années 1727-1730. Ainsi, on peut dire que la maçonnerie spéculative actuelle se trouve constituée au cours de ces années là et que la maçonnerie spéculative française, issue de celle des îles britanniques, est en gestation et constitution à Londres dans les années 1720. 
10 D. Donnez-moi le point parfait d’entrée.
R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.
11 D. Je garde ?
R. Je cache.
12 D. Que cachez-vous ?
R. Les signes des maçons et de la Maçonnerie.
 
L’expression « Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second » s’applique donc ici au point parfait d’entrée et non au Mot du Maçon comme cela sera le cas à partir de 1730, date à laquelle cette dernière innovation entre en scène, exemple même d’une dérivation maçonnique. 
« Je garde ? » est une référence directe au serment et établit un rapport entre l’idée d’une pénalité et le point d’entrée. On trouve cette liaison dès 1696 et le manuscrit Sloane, D. 3. 
On remarque qu’une parfaite cohérence se dégage des D. 7 (« mes signes et mes marques et au point parfait de mon entrée ») qui sont secrets et permettent de reconnaître un Maçon, 10 « le point parfait de l’entrée » en rapport avec l’idée de secret « je garde, je cache », 12 « que cachez-vous ? » les secrets tels les signes des Maçons (retour à D.7) 
Deux notions sont à retenir lors de l’Entrée du profane : on désigne sa nouvelle qualité et on lui donne un dépôt à conserver. Le rite de l’Entré est donc très important puisque le profane y reçoit tout ce qu’il y a de fondamental, en une seule fois. Sous cette forme, ce rite a des origines écossaises. On peut également établir des relations avec le compagnonnage français ainsi qu’avec l’Allemagne (cf. D.2 et suiv.), ce qui constituerait un tronc opératif commun. 
D&R 13 à 16
«- Où avez-vous été reçu Maçon ?
-Dans une Loge juste et parfaite.
-Qui compose cette Loge ?
-3, 5 & 7 : savoir, un Maître Vénérable, 2 Surveillants, 2 Compagnons et 2 apprentifs.
-Qui la forme ?
-5, qui sont un Vénérable Maître, 2 Surveillants, 1 Compagnon et 1 apprentif.
 -Qui la gouverne ?
-3, un Vénérable Maître et 2 Surveillants. »
 
La trilogie 3, 5, 7 est une notion récente des années 1730. Ici encore on remarque le travail d’élaboration de la Maçonnerie spéculative anglaise, comme on vient de le voir à l’instant, dans les années 1720. A un certain moment le système se fige et devient universel. 
A propos de la formation et du gouvernement de la Loge notons qu’en 1717, à Londres, la Loge est formée de 3 officiers (Vénérable Maître ; 1er et 2e Surveillants) hiérarchisés (cf. D. 8). En 1760, les « Anciens », principalement Irlandais mettent les 3 grands Maîtres de la Loge sur un plan d’égalité. Il ya donc un divorce anglais/irlandais sur la situation des 3 officiers et c’est un problème fondamental. 
La composition de la Loge en 3, 5, 7 est reprise dans L’Ordre des Francs-maçons trahis (1744-5). Sur les origines de cette composition qui a connu des variations (cf. Sloane, op. cit., D. 5) il semble que le débat s’est cristallisé autour de 1724/5 sur 5 et 7 (le 3 étant déjà  en place dès 1717 dans la Maçonnerie anglaise) dans des textes irlandais, donc archéo-anglais, qui auraient pu servir de relais à la Maçonnerie française..
Pour plus d'informations :

samedi 6 avril 2019

Instructions au 2e grade du RER

La Loge L'Equerre - La Tradition Rectifiée n° 4 des LNFU vient de publier quelques notes sur les instructions au 2e grade de Compagnon du RER, suite à sa Tenue du 8 novembre 2016.

Voici le texte intégral :
"De la première section, le Rite Ecossais Rectifié ayant cette particularité de réinterpréter, à sa manière et selon sa doctrine, un fond maçonnique préexistant, soulignons 4 points : 
  • Ainsi des mots Jakhin et Boaz dont la signification est particulière au rectifié, Jakhin signifiant ici « Dieu m’a créé » et Boaz « Le Seigneur est ma force »
  • Les mots de passe, aussi, sont propres au rectifié : Phaleg au 1er grade, à la place de Tubalcaïn, sur injonction de l’Agent Inconnu (1785) et Giblin au 2e grade. On sait que ce dernier mot a un rôle important dans l’installation secrète.
  • Les pierres, quant à elles, ne font pas référence à une quelconque tradition opérative. Il n’y a pas la pierre cubique à pointe, invention de la tradition française du XVIIIe siècle. Ce sont, probablement, des pierres vivantes.
  • Enfin il y a lieu de distinguer la loge et le Temple, Temple qui est représenté en loge sur le tableau.
Dans la 2e section, il est question de la lettre G qui est Dieu, God en anglais, dans la chambre du milieu qui est toujours, sauf dans la tradition française, au 2e grade. Le miroir qui incite à la connaissance de soi-même, c’est-à-dire non pas à une connaissance psychologique mais à retrouver en soi l’image inamissible de Dieu, comme la connaissance de la nature ne consiste pas à se livrer à des recherches scientifiques mais à rechercher en elle les signatures de Dieu. 
La 3e section donne l’occasion d’insister sur les origines du symbole du grade « Dirigit Obliqua ». Celui-ci est issu de la Strict Observance, qui l’avait probablement emprunté aux devises primitivement prévues pour des tapisseries royales jamais réalisées. 
Rappelons enfin le statut particulier du grade de compagnon, grade de la durée des êtres et de l’univers, grade important donc dans lequel se développe notre vie maçonnique et la voie que nous avons à suivre vers d’autres horizons."
Pour rappel, le compte-rendu du 3 février 1992 présente les instructions et des commentaires associés.

mercredi 3 avril 2019

La charité

La Loge L'Anglaise n° 6 des LNFU vient de publier le travail d'un Apprenti sur l'une des trois vertus théologales dont voici un extrait :
"Venant du latin caritas, caritatis qui signifie la cherté, l’affection, l’amour, pour le profane, la charité est la qualité qui porte à désirer et à faire le bien d’autrui. La charité est aussi considérée comme l’Amour de son prochain.
Dans la langue française, si on évoque la charité, les gens vous parlent de demander/faire la charité, de vente/œuvre de charité, de faire une action/acte de charité, mais ils vous parlent également des proverbes : charité bien ordonnée commence par soi-même, c’est l’hôpital qui se moque de la charité.
En France, il existe des lieux portant le nom de Charité, en particulier :
  • différents hôpitaux de Paris,
  • pour les Marseillais, l’incontournable “Vieille Charité”, édifiée au 17e siècle sur les plans de Pierre Puget, avait pour objectif initial d’abriter les indigents et les pauvres suite à l’édit royal sur l’enfermement des pauvres et mendiants. Le conseil de la ville décida d’ériger un lieu pour cet accueil, l’œuvre Notre Dame de la Charité fut créé en 1622 et un terrain mis à disposition mais il fallut attendre1654 pour que les dirigeants envisagent de construire un bâtiment approprié aux besoins et c’est celui de Pierre Puget qui fut retenu en 1671. Les travaux se terminèrent en 1745 sous la conduite de son fils, François Puget.
En 1589, Henri III fonda l’ordre de la Charité pour récompenser les militaires blessés au service de l’État. 
[..]"
Pour lire la suite, allez sur le site de la Loge...

samedi 30 mars 2019

Actualités de Liber Latomorum

Lors de son Banquet du 27 décembre 2018, la Loge Liber Latomorum lettre γ des LNFU a présenté les ouvrages suivants :
Ci-dessous un aperçu de deux d'entre eux.

La Bible. Une encyclopédie contemporaine.

"On le sait, la Bible est la pierre de fondation et la pierre angulaire de la Franc-maçonnerie. Dans la tradition des Anciens, c’est la première des 3 grandes lumières et on peut dire que sans Bible, la Franc-maçonnerie s’évanouit purement et simplement pour laisser place à autre chose. La connaissance de la Bible est donc indispensable à tout Franc-maçon qui veut comprendre l’Ordre et ses sources traditionnelles. 
Cet ouvrage peut l’y aider. 
Il étudie la Bible sous plusieurs aspects, philologiques, archéologiques etc. Il s’interroge sur la naissance de la Bible, l’histoire de sa constitution progressive et de son élaboration sur plusieurs siècles. Et cette élaboration, d’une certaine manière, continue avec les diverses traductions contemporaines qui sont autant de réappropriations constantes du texte, signes que la tradition est toujours vivante et vivifiante, comme la Franc-maçonnerie elle-même si elle n’oublie pas ce qu’elle est et d’où elle vient."

Nouvelle histoire des Francs-maçons en France. Des origines à nos jours

"Les auteurs s’inscrivent dans la grande tradition de leurs prestigieux prédécesseurs dans le domaine de l’histoire authentique de la Franc-maçonnerie (c’est-à-dire fondée sur des documents) tels Marius Lepage, René Guilly, Pierre Chevallier, Alain Bernheim, et renouvellent la recherche historique par de sources inédites, comme les « Archives Russes » revenues en France. Cela donne un ouvrage sérieux, documenté (il y a près de 1000 notes), ambitieux, qui est consacré principalement au XVIIIe siècle sans s’y limiter pour autant, le tout écrit dans un style élégant et agréable à lire, ce qui en fait un travail complet et pédagogique. 
Parmi les nombreux thèmes abordés on s’intéressera particulièrement à l’épineuse question des premiers Francs-maçons en France dans les années 1720-1730, période encore bien mystérieuse et qui suscite beaucoup de fantasmes (quelles loges ? quel rituel ? enjeux politiques, etc.)."
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