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samedi 18 mai 2019

In memoriam Jacques Flamand (1935-2018)

Jacques a été initié le 18 juin 1981 au sein de la Loge Jean-Théophile Désaguliers n° 1 de la Loge Nationale Française. 4 ans plus tard, le 25 novembre 1985 il en devient le Très Vénérable.

En dehors de ces qualités personnelles, c’est la pratique de la Maçonnerie Traditionnelle Libre qui est illustrée par cette relative rapidité dans la carrière qui étonnerait, aujourd’hui encore, bien des Frères de la Maçonnerie française. Tout apprenti est appelé à découvrir l’intégralité de la tradition maçonnique et à la vivre. 

Il sera encore 3 fois Vénérable de cette loge, en 1988 ; 1992 juste après la mort de René Guilly ; et en 1998. Il occupa aussi divers postes dans la loge : hospitalier ; Maître de musique lors des réceptions ; 2e expert ; couvreur, etc. Il y donnera divers travaux citons : Viollet le Duc (1994) ; Cervantès et Don Quichotte (2007). 

Il recevra tous les grades de la tradition française au sein du Souverain Chapitre Français Jean-Théophile Désaguliers. Il sera, avec Claude D., le premier reçu en pleine forme au grade de Maître Parfait en 1984, au XXe siècle. Le 7 janvier 1987 il est reçu au grade de Maître Irlandais. Il deviendra Souverain Prince Rose-Croix et prendra le nom « Espérance ». En 1996 il sera dépositaire des rituels d’installation pour la tradition française. Il sera membre du Ve Ordre et président du 2e ordre Grand Elu Ecossais en 2008. Le 16 juin 2009 il est membre d’honneur de notre Loge mais continue à la fréquenter en 2010 pour le 50e anniversaire de la Loge et le 30e anniversaire maçonnique de Roger Dachez. 

Il appartint aussi à la loge d’étude héraldique « Heraldica » consacrée à l’héraldique et à la sigillographie dont il sera longtemps secrétaire et où il donne des travaux comme : 

  • Approche préliminaire au symbolisme des végétaux en héraldique (4 janvier 1988),
  • Figures artificielles et célestes (28 avril 1990),
  • Armes et armures (7 janvier 1991),
  • Présentation de la réédition de L’idée de la parfaite devise d’Emanuele Tesauro, Les Belles Lettres (11 janvier 1993),
  • L’Agnus Dei (17 novembre 1994).

Il pratiqua aussi la tradition britannique et anglo-saxonne au sein de la Loge L’Echelle de Jacob où il donnera un travail en 2007 quasi prémonitoire sur le symbolisme de la porte à partir d’un poème de Francis Ponge et sur « La symbolique des couleurs et son histoire » (2009). Il pratiquera le grade de la Marque. Il recevra l’’installation secrète. A partir de 2002 il fera partie de l’aventure du chapitre Rose-croix « Petit Ut Vivat » qui pratique le grade de Rose-Croix de Heredom, chapitre alors sous obédience anglaise. Il en sera membre fondateur le 15 février 2003 et y prendra le nom de « chevalier de l’Espérance ». Il sera secrétaire du chapitre. 

*

Il était artiste peintre et il exposa à partir du 24 septembre 1998, Galerie Langlet 27 rue Vanneau Paris VIIe. Il fut aussi poète, amateur de théâtre (décors et mise en scène). 

Dans les 10 dernières années de sa vie, c’est la maladie qui l’affligea. D’abord tourmenté dans son corps (hanche ; genoux ; col du fémur), il fut touché dans sa présence au monde et s’il participa physiquement, une dernière fois, à une tenue du chapitre Petit Ut Vivat, le 15 février 2014 il était déjà ailleurs. 

Jacques est vivant. C’est notre foi comme on l’affirme dans la chaîne d’Union qui est dite au rite Français traditionnel : « en Elle, sont toujours présents ceux qui la formaient hier ». S’il ne fallait retenir qu’une image de Jacques, ce serait son sourire et-certes il aimait plaisanter mais avec tact et discrétion. Et c’est bien dans la discrétion et, espérons-le l’espérance que cette âme a rejoint son Créateur, une âme dont on pourrait dire en reprenant les mots de Jean-Baptiste Willermoz que « ce que nous nommons la mort est le commencement de la seule véritable et désirable vie pour les âmes de cette trempe ; c’est pour nous que nous pleurons en les perdant, lorsque nous devrions nous réjouir pour elles de ce changement d’état. » 

(Source : in memoriam Jacques Flamand sur le site de la Loge Jean-Théophile Désaguliers n° 1)

mercredi 1 mai 2019

Les 10 ans de Comprehendere Facereque

Dans sa Tenue du 16 avril 2019, la Loge Jean-Théophile Désaguliers n°1 (LNF) a commémoré avec la Loge La Rose et le Chardon n°1 (LNMF) les 10 ans du groupe Comprehendere Facereque qui travaille sur les sources du Rite Moderne Français Traditionnel. Voici un extrait de la présentation intitulée "Travaux 2009-2019 et perspectives" :

Genèse

Tout est parti de la Loge Jean-Théophile Désaguliers n° 1 de la LNF dont on dit qu'elle est le creuset du Rite  [Moderne] Français Traditionnel. Notez que ce rite n’a jamais vraiment existé en l’état car c’est une synthèse érudite et documentée de la Maçonnerie dite des Modernes, à travers ses pratiques moyennes en France dans la première moitié du XVIIIe siècle, accompagnées de quelques apports postérieurs.

L’histoire de la loge se confond avec l’histoire de la LNF et la carrière maçonnique de René Guilly qui a été l’instigateur de ce Rite à partir des année 1950. Cf. le travail de Pierre Petitjean, présenté le 10 juin 1999 dont voici la conclusion :

“Le Rite  [Moderne] Français Traditionnel est le représentant par excellence de la tradition maçonnique française. Issu d’un mouvement de recherche qui, par définition, ne s’arrête jamais, ce rite n’est pas un rite totalement fixé même s’il a acquis maintenant une certaine stabilité. Cependant notre devoir à tous est, plus que jamais, de le faire vivre, de le comprendre, de le faire connaître et aimer.”

Quelle responsabilité !

Dix ans plus tard, des jeunes Frères de la Loge, sous le regard bienveillant de ce même Passé Maître, Pierre D-SCR-T--N, ont eu l’idée de lancer un groupe de travail pour essayer de comprendre et mettre en pratique la méthode de recherche inhérente à la LNF en général et à ce Rite en particulier. L’avantage d’un petit groupe informel était d’être plus accessible qu’une Loge d'études et de recherches comme Louis de Clermont.

Le nom fut une évidence : Comprehendere Facereque. Comprendre ce que l’on fait pour bien le faire.

Quel est l’héritage sur lequel travailler ? Des centaines de pages de comptes-rendus dans des livres d’archives (ceux des Loges Jean-Théophile Désaguliers et Louis de Clermont en particulier), des centaines d’heures de Tenues enregistrées par Pierre Petitjean, des rituels et des instructions, des articles dans Renaissance Traditionnelle, des ouvrages & des dossiers à Clichy !

En effet, le Fonds René Guilly à Clichy est riche et varié. Nous avons pu le constater avec celui des grades bleus du RFT. C’était d’ailleurs très émouvant de parcourir ses notes & sa méthode à une époque où l’ordinateur n’existait pas, c’est-à-dire avec des découpes de papier collés sur chaque page, de vrais copier-coller. On trouva également un document important : la liste et codification des sources de langues anglaise et française du RFT, qui allait nous servir de guide dans ce travail.

Evidemment, on ne peut pas rentrer dans les détails ce soir, mais à titre d’exemple, un des prochains billets du Blog des Maçons Traditionnels Libres portera justement sur la méthode mise en oeuvre par René Guilly, à travers plusieurs travaux dans notre Loge en 1987, une étude comparée de 3 divulgations maçonniques françaises : Le Sceau rompu (1745), L’ordre des Francs-maçons trahi et leur secret révélé (1744) et Le Catéchisme des Francs-maçons (1744).

Travaux

Se réunissant le 2e samedi à Clichy, le groupe a connu plusieurs phases :
  • De 2009 à 2010, l'objectif a été de transcrire des sources constitutives du Rite.
  • De 2011 à 2012, la base documentaire établie jusque dans les années 1980 par René Guilly fut complétée avec l’aide précieuse de Paul Paoloni.
  • En 2014, les Instructions par demandes et réponses aux 3 grades bleus ont été annotées avec les références des sources.
  • En 2015, la conception du Rite s’est resserrée autour de ses sources Modernes fondamentales.[3]
  • De 2016 à 2018, le groupe travailla sur une version de référence des rituels pratiques du RFT selon les principes suggérés par Roger Dachez :
    • Ouverture et Clôture de la Loge Générale et de la Loge de Maîtres
    • Cérémonie de réception aux 3 grades
    • Installation du Vénérable et des Officiers
On a constaté durant ces différentes phases que trouver la bonne méthode était essentielle pour avancer correctement. On peut également noter qu’il y eut assez peu de Frères impliqués dans le projet, le groupe réunissant 6 à 7 Frères en moyenne. 

Perspectives

Etant arrivé à la fin d’un cycle fin 2018, ses membres ont essayé de prendre du recul sur son objet, sa méthode et ses futurs travaux.

Les objectifs alors reformulés se présentent ainsi :
  • fournir les rituels et instructions complets et à jour du Rite Moderne Français Traditionnel,
  • continuer et transmettre la méthode de recherche fondatrice (de la Maçonnerie Traditionnelle Libre) sur les sources de la première Maçonnerie des Modernes (jusqu’à la première moitié du XVIIIe siècle);
  • diffuser cette démarche et ses résultats de manière didactique.
L’avenir du groupe pourrait s’articuler autour des travaux suivants :
  • Mettre à jour les instructions :
    • 1ère révision (à court terme) : harmonisation des instructions par rapport au nouveau rituel (ouverture/clôture, cérémonies)
    • 2e révision (à moyen terme) : travail de fond sur les sources Early Masonic Catechisms (voir traduction de Philippe Langlet) et les divulgations françaises entre 1737 et 1751 pour mettre à jour les instructions avec un appareil critique systématique. Il est probable que les futurs rituels du RMFT bénéficieront de ce travail. Mais ceci prendra du temps.
  • Faire un inventaire des documents de René Guilly (documents de travail à Clichy et publications).
  • Établir des transcriptions éventuelles de documents de René Guilly.
  • Publier l’avancement des travaux sur le site Internet pour en faire un site de référence.
De manière pratique, le groupe sera dorénavant organisé ainsi :
  • Rencontres mensuelles toujours le 2e samedi à Clichy ouvertes à tous les membres des LNFU, invitant en priorité les Loges de tradition française;
  • Connexion à des groupes en région, comme par exemple à Bordeaux sous la direction de Pierre Petitjean. Cela sera facilité par l’usage de la visio conférence.
  • Information de l’activité du groupe auprès de toutes les Loges.
  • Déplacements en province pour partager les fruits de ces travaux.
  • Formation des membres sur les outils informatiques utilisés par le groupe."

Pour plus de détails, allez sur le site de la Loge.

jeudi 25 avril 2019

Esprit du Rite Moderne Français Traditionnel

En 1999, Roger Dachez présentait un travail sur "l'Esprit du Rite [Moderne] Français Traditionnel" dans la Loge Jean-Théophile Désaguliers n°1 de la LNF dont voici un extrait :
"Il y a un an, nous fêtions le 30e anniversaire de la LNF et aujourd’hui nous fêtons le 40e anniversaire de notre loge. C’est dire que cette loge a, évidemment, préexisté à la fédération qu’elle a contribué à fonder et qu’elle illustre, autant que son histoire se confond avec celle de la LNF comme on vient de nous le rappeler, la démarche générale de la fédération, c’est-à-dire son esprit. Car il y a un esprit qui a présidé à la fondation de la LNF et notre loge avec le rite qu’elle pratique en est un des plus beaux fleurons. 
La redécouverte des rites dans leur pureté originelle est un travail fondamental et exemplaire de la fédération. Ce travail a été fait pour les 3 rites que nous pratiquons mais il faut reconnaître que le travail de restitution du rite français est spécifique. En effet, il existe des textes authentiques du Régime Écossais Rectifié et du rite anglais style Émulation. Il suffisait de les reprendre et de les comprendre mais, on l’a vu, la situation du rite français était bien différente. 
En effectuant une véritable restitution du rite français les frères cherchaient, en réalité, à retrouver la tradition maçonnique française du XVIIIe siècle et son esprit le plus authentique. 
Pour procéder à ce travail plusieurs écueils étaient à éviter :
  • Le premier était de pratiquer une recherche minimum et de s’en tenir à un texte arbitrairement choisi. Ils ne manquent pas, que ce soit le texte imprimé en 1801 dans le Régulateur du Maçon, ou d’autres textes manuscrits, de 1786, de 1778 ou d’autres encore. Certains l’ont fait et il existe des loges qui travaillent au rite français de « 1778 » par exemple. C’est oublier que le rite français n’a jamais été fixé et qu’un texte unique, fut-ce le Régulateur de 1801 ne saurait prétendre résumer à lui seul cette tradition maçonnique française.
  • Le deuxième écueil était de considérer que, forts de nos recherches, de notre érudition et de notre expérience, nous en connaîtrions plus aujourd’hui que les Maçons du XVIIIe siècle, que ces derniers n’ont jamais vraiment compris ce qu’il faisaient, et que nous sommes en mesure de reconstruire un rite idéal. Cette tentation fondamentalement néfaste, celle d’une pureté originelle, est plus fréquente qu’on ne le croit.
C’est donc une troisième voie qu’ont choisi les fondateurs de la LNF, une voie, en quelque sorte intermédiaire. 
On sait que, stricto sensu, l’expression « Rite français » n’a pas de sens au XVIIIe siècle. En effet, la Maçonnerie qui est apparue en France dans les années 1720 s’est développée en toute liberté, dans un grand foisonnement et en l’absence de tout contrôle obédientiel, la fondation du GODF remontant à 1773. A cet égard, on peut estimer que le développement de la franc-maçonnerie française exprime, à sa manière, une certaine forme du génie français : une très grande diversité, une indéniable capacité d’innovation, et aussi une certaine tendance à la complexité avec l’apparition de nombreux hauts grades. 
Ainsi, au milieu du XXe siècle, se lancer dans la découverte de la tradition maçonnique française n’était pas chose facile d’autant qu’il existait très peu de travaux antérieurs. Peu à peu, en retrouvant les sources, c’est-à-dire les plus anciens textes, il fut possible de construire quelque chose d’assez fidèle à l’esprit de la tradition maçonnique française du XVIIIe siècle et de restituer l’ensemble des usages dûment attestés de cette maçonnerie. Ce faisant, on obtint quelque chose d’extraordinairement fascinant mais lourd et complexe. Le « Rite Français » était devenu une sorte de « cathédrale gothique » de la Maçonnerie : tous les éléments qui le constituaient étaient absolument authentiques mais l’ensemble ainsi formé n’avait probablement jamais existé en tant que tel.
C’est au cours des années 1980 que l’on entreprit d’épurer les textes pour ramener le rite aux dimensions d’une « humble chapelle romane ». Il s’agissait de retrouver le nucleus fondamental de la tradition maçonnique française, c’est-à-dire les usages essentiels, constants et indispensables attestés en tant que tels au XVIIIe siècle. Cette « cure d’amaigrissement » des rituels eut l’avantage de dégager des significations certes moins nombreuses mais plus fondamentales et finalement plus riches. C’est l’état du rite français traditionnel aujourd’hui. En remplaçant le mot « rétabli » par « traditionnel » on a voulu signifier qu’il ne s’agissait pas de rétablir un rite qui n’a sans doute jamais été pratiqué comme nous le faisons aujourd’hui, mais qu’il s’agissait de retrouver, de connaître, de vivre et de transmettre les valeurs essentielles de la tradition maçonnique française. 
Le Rite Français Traditionnel est donc :
  1. Un rite sobre, voire austère, mais simple, témoignant d’usages anciens moins « bavards » que la maçonnerie d’aujourd’hui, usages qui incitent plus à la réflexion et à la méditation.
  2. Un rite qui s’inscrit dans la tradition chrétienne dont il véhicule les valeurs. Il est précisé que le GADLU est Dieu et que les obligations sont prises sur l’Évangile de Saint-Jean.
  3. Un rite qui met en valeur notre tradition maçonnique nationale, qui correspond à notre histoire et à notre culture. C’est notre manière de participer à l’universalisme maçonnique.
Le RFT est un rite qui évoluera encore puisque, par définition, la recherche des sources fera encore resurgir des éléments nouveaux pour le moment inconnus. Notre compréhension du rite en sera modifiée et s’améliorera et, s’il le faut, nous intégrerons ces nouveaux éléments. C’est ainsi que nous continuerons à faire revivre et vivre cette tradition, notre tradition, la tradition tout simplement."
Plus de détails sur le site de la Loge...

samedi 24 février 2018

Loge Louis de Clermont

La Loge « Louis de Clermont » publie ses travaux !

Fondée en 1979, c’est la 3e Loge d’études et de recherches créée au sein de la Loge Nationale Française après les Loges « Heraldica » et « William Preston ».

Pendant ses 35 années d’activité elle a consacré ses forces à l’étude de la Franc-maçonnerie française de la première moitié du XVIIIe siècle et de ses sources premières à savoir la Maçonnerie britannique des origines (principalement XVIIe et début XVIIIe siècle).

Sous la direction de son principal fondateur et premier Maître de Loge, René Guilly-Désaguliers, suivi par d’autres grands noms de la recherche maçonnique académique tels Roger Dachez, Pierre Mollier et consorts, la Loge travailla, selon la méthode universitaire historico-critique et à travers la recherche et l’étude de documents, à inventer la première Maçonnerie française héritière directe de la première Maçonnerie britannique, celle dite des « Modernes ».  Et non seulement elle étudia les usages maçonniques de ces premiers temps mais elle essaya également de découvrir la signification traditionnelle de symboles bien souvent oubliée.

De nombreuses tenues furent dédiées à l’étude des divulgations françaises des années 1740-50, d’autres à des études plus générales sur les premières loges en Angleterre, les débuts de la Franc-maçonnerie en Irlande, la signification traditionnelle des pierres, et jusqu'à s'intéresser à la pensée de la Renaissance, par exemple à travers le personnage de Philibert de L'Orme.

Certains de ses travaux furent publiés dans la revue Renaissance Traditionnelle ou sous forme d’ouvrages, à commencer par les 3 livres de René Désaguliers.

Nous proposons donc aujourd’hui à la bienveillante attention de nos lecteurs la publication, sinon intégrale du moins très importante, des travaux de la Loge.

Pour le moment sont disponibles les dernières années, soit 2010-2015, au cours desquelles, la Loge suivant le bon conseil de Boileau en remettant son ouvrage vingt fois sur le métier, a repris l’étude d’une des premières divulgations française, Le Secret des Francs-maçons de l’abbé Pérault (1744) et le réexamen d’ouvrages de René Désaguliers.

Le lecteur trouvera des comptes-rendus verbatim ou résumés selon les cas. Puisse-t-il être encouragé à relire ces divulgations si importantes pour l’histoire et la mission de l’Ordre maçonnique en France et dans le monde.

Nous poursuivrons, petit à petit, la publication de ces comptes-rendus en remontant dans le temps jusqu’à arriver aux tous premiers rédigés dans les années 1980 par un secrétaire exemplaire de la Loge, feu le frère Raymond Jalu.

Nous espérons que nos lecteurs trouveront plaisir et intérêt à étudier ces comptes-rendus et nous leur sommes reconnaissants d’avance s’ils voulaient bien nous faire part de leurs réactions.

Bonne lecture !

Thierry Boudignon
Archiviste national LNF

samedi 20 janvier 2018

Principes de révision du Rite Français Traditionnel

Au sein du groupe de travail Comprehendere Facereque, souché sur la Loge Jean-Théophile Désaguliers n° 1 de la LNF, les principes de révision du Rite Français Traditionnel ont été posés en 2016 par Roger Dachez :
"Plus de 50 ans après sa première version, le RFT a suscité, au sein de la LNF, un travail de recherche qui n’a jamais cessé. De même que René Guilly-Désaguliers lui-même avait vu, au moins à deux reprises, vers 1970 et vers 1988, la nécessité d’une révision des textes, à la fois pour les simplifier et les rendre plus accessibles, de même il est apparu opportun, en ce début du XXIème siècle, d’appliquer les acquis d’une recherche qui a permis de mieux préciser certains aspects de la première maçonnerie française. Il a paru en outre souhaitable de rendre ces rituels plus praticables et plus clairs : la sophistication des révisions successives avait sans doute rendu certaines allusions symboliques trop subtiles et finalement peu compréhensibles.Les principes adoptés pour cette révision sont les suivants :
  • Les références de base sont les textes compris dans la Liste et codification des sources du RFT.
  • Ne sont plus retenues que les références directement ou indirectement liées à la tradition des Modernes – les textes des Anciens, essentiellement les Three Distinct Knocks (TDK), 1760 et Le Guide des maçons écossais (c.1804), ne sont donc pas pris en considération.
  • On privilégie les usages et les choix des textes français entre 1737 et les rituels arrêtés en 1786 par le Grand Orient de France
  • ..."
La suite sur le site de la Loge.

samedi 6 janvier 2018

Histoire de la Loge Jean-Théophile Désaguliers n°1

Lors de la Tenue du 15 juin 1999, le F. Pierre Petitjean a présenté une histoire de la Loge Jean-Théophile Désaguliers n° 1 de la Loge Nationale Française :
"L’histoire de notre loge se confond avec l’histoire de la LNF et la carrière maçonnique de René Guilly. 
René Guilly a été reçu apprenti le 9 mai 1951 dans la R.L. La Clémente Amitié du GODF. Créée en 1805, cette loge prestigieuse avait reçu, entre autres, Jules Ferry (1832-1893, président du Conseil) et Émile Littré (1801-1881, auteur du célèbre dictionnaire qui porte son nom). Dans une correspondance privée, René Guilly qui n’avait pas encore 30 ans, donne les raisons qui l’ont conduit à demander son entrée dans la franc-maçonnerie. Il recherchait « une vérité pour donner un sens à la vie quotidienne ». Il était persuadé que la Franc-maçonnerie recelait une tradition et que cette tradition pouvait lui apporter ce sens. Très vite, il comprit que la Franc-maçonnerie française avait besoin d’être régénérée pour jouer pleinement ce rôle. C’est ainsi qu’il oeuvra immédiatement à la restauration des rituels. Mais ce travail de fond allait d’emblée se heurter aux limites de la structure dans laquelle il se trouvait. 
C’est la raison pour laquelle, dès 1955, avec 27 Frères du GODF dont Robert Delafolie, il fonda une nouvelle loge, la Loge Du Devoir et de la Raison, au sein de laquelle il put travailler avec plus de liberté sur le rituel maçonnique. Ce travail s’appuyait sur quatre principes fondamentaux :
  • Restauration d’un rituel le plus authentique possible par le moyen de la recherche historique. Cela aboutit au « Rite Français Moderne Rétabli » [l’épithète « Moderne » étant une référence à la tradition véhiculée par la Grande Loge de Londres fondée en 1717 et qui s’appellera plus tard (par opposition à la Grande Loge des « Anciens » fondée en 1751-1753) la « Grande Loge des Modernes »].
  • Pratique de ce rituel avec rigueur.
  • Compréhension de ce rituel. Ce travail nécessita la rédaction d’instructions par demandes et réponses à connaître et à expliquer.
  • Diffusion de ce rite. Pour cela, il y eut des tenues de démonstration en présence de personnalités maçonniques, des tenues avec d’autres loges et des sujets attrayants : Histoire des rituels – Le Grand Orient de France – La Grande Loge de France – Le Maçon sans tablier – Le rôle des fraternelles dans la vie sociale , mais aussi des sujets d’actualité comme Quel est l’avenir de l’Union française ? – Le socialisme trahi : un livre d’André Philippe, etc." 
Lire la suite sur le site de la Loge...

dimanche 26 novembre 2017

Loge Court de Gébelin


La Loge d'études et de recherches Court de Gébelin, lettre β, de la Loge Nationale Mixte Française, se consacrant à l'étude de l'ésotérisme maçonnique et à la tradition chrétienne, vient de créer son Site Internet dans lequel sera publiée l'intégralité de ses travaux :
https://courtdegebelin.fmtl.fr/
Lors de la Tenue inaugurale du 26 janvier 2017, le portrait d'Antoine Court de Gébelin a été retracé ainsi qu'il suit :
Antoine Court de Gébelin (vers 1720/5-1784) est un érudit protestant et franc-maçon. Très connu de son vivant il est maintenant plutôt oublié. On peut toutefois découvrir sa vie et son œuvre dans quelques dictionnaires et encyclopédies dont, récemment, Le Monde maçonnique des Lumières, dictionnaire prosopographique édité en 2013 chez Honoré Champion.
Notre frère conférencier choisit de souligner 3 aspects importants de ce personnage qui illustre notre loge non seulement pas son nom qui en est le titre distinctif mais aussi par les thèmes que nous comptons étudier : christianisme, ésotérisme et franc-maçonnerie. 1. Christianisme  Court de Gébelin est un fils de pasteur. Ce dernier, originaire des Cévennes, avait choisi l’exil en Suisse après la proclamation de l’Edit de Fontainebleau révoquant en 1685 l’Edit de Nantes plutôt que de renier sa foi. Agissant clandestinement, il est considéré comme le restaurateur du protestantisme en France. Antoine Court de Gébelin fut pasteur lui-même et succédera à son père, en 1760, comme correspondant général des églises de France. 2. Esotérisme
Court de Gébelin est un érudit maîtrisant plusieurs langues vivantes et mortes. Son grand ‘œuvre, le Monde primitif, bien reçu par les encyclopédistes, est consacré à la recherche de la langue primitive dont la possession pourrait, selon lui, permettre une connaissance vraie et profonde de la nature réelle du monde. Cette thématique, dans l’air du temps, l’amènera, à s’intéresser aux images et aux symboles et notamment au tarot. En donnant aux cartes des significations reposant sur les images entendues comme médiations établissant des correspondances diverses et variées, il s’inscrit dans ce vaste ensemble des courants ésotériques modernes définis magistralement par Antoine Faivre. Cette somme, écrit ce dernier, est « une des premières tentatives pour trouver par l’exploration des diverses traditions connues, quelque chose qui ressemble à ce qu’on appellera plus tard la ‘ Tradition primordiale ‘ ».
3. Franc-Maçonnerie Court de Gébelin fut membre de 3 loges : Loge Mère Ecossaise du Contrat Social ; Les Neuf Sœurs (avec Benjamin Franklin, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Voltaire) ; Les Amis Réunis. Cette dernière loge fut à l’origine des fameux convents des Philalèthes (1785-7) où se développèrent des spéculations mystico-ésotériques. Il échangea aussi avec Louis-Claude de Saint-Martin. Au total ce personnage complexe, contradictoire, baroque nous est apparu comme le héros idéal éponyme de notre loge.

jeudi 11 mai 2017

Actualités de Liber Latomorum

La Loge Liber Latomorum est récemment entrée dans le périmètre de la Loge Nationale Mixte Française, et à ce titre sur le site d'ensemble de la Maçonnerie Traditionnelle Libre.

Par sa vocation d'études bibliographiques, elle y trouve sa place tout naturellement aux côtés des loges d'étude et recherche de la LNMF, telle la loge Court de Gébelin lettre Beta pratiquant elle aussi le Rite Français Traditionnel.

Notre Loge portant le n° 2 de la LNMF vient de publier le compte-rendu de ses travaux du 21 avril 2017 :
  • Annonce de British Freemasonry, publication de 2500 pages en 5 volumes, chez Routledge, 2016, à New York et sous l’égide Jan Snoeck et Cécile Révauger
  • Etude de L’Europe sous l’Acacia d’Yves Hivert-Messeca. Le 3e volume de cette saga étudie la franc-maçonnerie européenne au XXe siècle
  • Etude de Genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté ou 250 ans d’évolution des 3 grades bleus de Philippe Michel
  • Aperçu de Written in Stone de Richard Cassaro
  • Aperçu de The Masonic Tarot
  • Aperçu de Freemasonry for beginners de Robert Lomas
  • Apercu de Horatio Admiral Lord Nelson, Was Lord Nelson a Freemason ? par John Webb
  • Aperçu de The History of the Formation the Grand Lodge of England in 1717 par Ric Berman
  • Aperçu de Over 300 years of Masonic Ritual de Martin Gandoff
  • Aperçu de The treasures of English Freemasonry 1717-2017 de Richard Gan
  • Aperçu de Serendipity par Harry Mendoza (Lewis Masonic books, 1995)
Nous publierons prochainement les 2 études qui ont été présentées en Loge.

Paul Paoloni
Vénérable Maître