samedi 24 février 2018

Loge Louis de Clermont

La Loge « Louis de Clermont » publie ses travaux !

Fondée en 1979, c’est la 3e Loge d’études et de recherches créée au sein de la Loge Nationale Française après les Loges « Heraldica » et « William Preston ».

Pendant ses 35 années d’activité elle a consacré ses forces à l’étude de la Franc-maçonnerie française de la première moitié du XVIIIe siècle et de ses sources premières à savoir la Maçonnerie britannique des origines (principalement XVIIe et début XVIIIe siècle).

Sous la direction de son principal fondateur et premier Maître de Loge, René Guilly-Désaguliers, suivi par d’autres grands noms de la recherche maçonnique académique tels Roger Dachez, Pierre Mollier et consorts, la Loge travailla, selon la méthode universitaire historico-critique et à travers la recherche et l’étude de documents, à inventer la première Maçonnerie française héritière directe de la première Maçonnerie britannique, celle dite des « Modernes ».  Et non seulement elle étudia les usages maçonniques de ces premiers temps mais elle essaya également de découvrir la signification traditionnelle de symboles bien souvent oubliée.

De nombreuses tenues furent dédiées à l’étude des divulgations françaises des années 1740-50, d’autres à des études plus générales sur les premières loges en Angleterre, les débuts de la Franc-maçonnerie en Irlande, la signification traditionnelle des pierres, et jusqu'à s'intéresser à la pensée de la Renaissance, par exemple à travers le personnage de Philibert de L'Orme.

Certains de ses travaux furent publiés dans la revue Renaissance Traditionnelle ou sous forme d’ouvrages, à commencer par les 3 livres de René Désaguliers.

Nous proposons donc aujourd’hui à la bienveillante attention de nos lecteurs la publication, sinon intégrale du moins très importante, des travaux de la Loge.

Pour le moment sont disponibles les dernières années, soit 2010-2015, au cours desquelles, la Loge suivant le bon conseil de Boileau en remettant son ouvrage vingt fois sur le métier, a repris l’étude d’une des premières divulgations française, Le Secret des Francs-maçons de l’abbé Pérault (1744) et le réexamen d’ouvrages de René Désaguliers.

Le lecteur trouvera des comptes-rendus verbatim ou résumés selon les cas. Puisse-t-il être encouragé à relire ces divulgations si importantes pour l’histoire et la mission de l’Ordre maçonnique en France et dans le monde.

Nous poursuivrons, petit à petit, la publication de ces comptes-rendus en remontant dans le temps jusqu’à arriver aux tous premiers rédigés dans les années 1980 par un secrétaire exemplaire de la Loge, feu le frère Raymond Jalu.

Nous espérons que nos lecteurs trouveront plaisir et intérêt à étudier ces comptes-rendus et nous leur sommes reconnaissants d’avance s’ils voulaient bien nous faire part de leurs réactions.

Bonne lecture !

Thierry Boudignon
Archiviste national LNF

dimanche 18 février 2018

Les "Foresters" en Angleterre

"L’ « Ancient Order of Foresters » est une société que l’on peut qualifier de «méta-maçonnique». Il revendique une certaine ancienneté puisqu’il prétend, sans preuve, être fondé en 1745 dans le Yorkshire près de Newborough. En réalité, son origine remonte aux années 1790-1791 à Kirkgate dans le comté de Leeds. Il s’appelle alors l’ordre royal des Forestiers."
Dans la Loge William Preston lettre ב de la LNF, une présentation de cet Ordre méta-maçonnique en Angleterre du XVIIIe au XXe siècle, a été faite par Roger Dachez en 1999, qui se poursuit ainsi :
"La cour n° 1 se réunissait à l’ « Old Crown Inn », endroit qui était aussi celui où se rassemblait une loge. D’ailleurs, le dirigeant de cette cour et le Passé Maître de cette loge était une seule et même personne: John Smilton. L’ordre va se développer rapidement bien que, pour l’attester, les documents soient rares. En 1800, la cour n° 1 devient « Supreme Court ». Les rituels et les instructions sont très influencés par la Maçonnerie. Ainsi les décors, d’abord constitués d’écharpes puis de colliers, se modifient par mimétisme avec la maçonnerie. Au cours du XIXe siècle, on adopte le tableau (à l’image du tableau de loge). Bien que les officiers des cours ne soient pas les mêmes qu’en loge (on trouve des « Beadle » [bedeau] ou huissiers et des « Woodward » ou gardiens), le rituel – qui est pratiqué actuellement, et qui date de 1840 – est une copie, adaptée aux besoins de l’ordre, des rituels maçonniques. [..]"
La suite sur le site de la Loge...

dimanche 11 février 2018

Nouvelles lumières sur le conflit des Antients et des Moderns

La Loge d'études et de recherches de la LNMF, Elizabeth St Leger lettre Ɑ, dédiée à la compréhension de l’esprit et des usages de la maçonnerie d’outre-Manche et des sources de la tradition maçonnique dans son ensemble, vient de créer son site Internet dans lequel seront publiés au fur et à mesure l'ensemble de ses travaux.

Le dernier travail disponible en ligne concerne le conflit des Antients et des Moderns dans l’Angleterre maçonnique du XVIIIe siècle, présenté par Roger Dachez le 23 mars 2017 :
"Ce travail fera l’objet d’une publication dans un prochain numéro de la revue Renaissance Traditionnelle sous le titre « La tradition des Antients : un mythe historiographique français ». C’est donc un bref résumé qui est présenté ici.
Ce conflit est maintenant bien connu, notamment grâce aux études érudites de la Loge des Quatre Couronnés de Londres, et à partir de l’état actuel de la recherche, nous pouvons étudier comment une certaine historiographie française s’est emparée de ce thème pour l’instrumentaliser à des fins de politique maçonnique obédientielle.
Rappelons brièvement les faits historiques.
Autour des années 1720 apparaît la première Grande Loge du monde, la Grande Loge d’Angleterre. A partir de 1751 naît une 2e Grand Loge en opposition à la 1ère. S’en suivra un conflit de plusieurs décennies qui se résoudra finalement en 1813 avec la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre.
Les historiens se sont interrogés sur les raisons de l’apparition de cette 2e Grande Loge et diverses théories ont été émises.
William Preston, dans son célèbre ouvrage Illustrations of Masonry (2e édition 1775), a été le promoteur de la thèse selon laquelle cette 2e Grande Loge serait un schisme de la 1ère, pour revenir à d’anciens usages que cette dernière aurait abandonnés.
Un siècle plus tard, Henry Sadler, dans son ouvrage Masonic Facts and Fiction (1887), démontre après une sérieuse étude documentée, que la fondation de la 2e Grande Loge n’était pas le résultat d’un schisme mais qu’elle était le fruit de la volonté de frères, la plupart d’origine irlandaise, qui n’ayant pas ou mal été accueillis par la 1er Grande Loge en ont créé une de novo. Emmenés par un frère exceptionnel, Laurence Dermott, ils vont donner à cette nouvelle Grande Loge un grand renom en se différenciant le plus possible de la 1ère Grande Loge, jusqu’à l’attaquer de front à partir du milieu des années 1760, dans la 2e édition de leurs Constitutions Ahiman Rezon où ils se présentent comme les successeurs d’une maçonnerie irlandaise « ancienne », entendez plus ancienne et plus vraie que la Grande Loge d’Angleterre considérée comme dégénérée.
..."

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jeudi 8 février 2018

Religio Duplex

En 2016, dans la Loge Liber Latomorum de la LNMF, Gérard Gendet a présenté un compte-rendu exhaustif de l'ouvrage intitulé Religio Duplex, Comment les Lumières ont réinventé la religion des Egyptiens, de Jan Assmann.
"L'auteur considère que c’est en effet à l'époque des Lumières que se cristallise la thèse d’une double religion présente en Egypte depuis la haute antiquité et que la maçonnerie aurait peu à peu redécouverte en la décelant dans diverses sources littéraires. L’enquête menée par Assmann rassemble les éléments de cette genèse. Elle se veut historique et sociologique. 
[..] 
Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles se développe l’opposition entre la religion naturelle et la religion révélée, ou religion « positive », que l’on peut résumer par l’opposition entre la raison et la foi. Elle recouvre deux conceptions de Dieu, le Dieu des philosophes et le Dieu des Pères. Par « religion naturelle », il faut entendre une sorte de religion originaire qui suit l’instinct que la nature met en nous et qu’on se représentait comme un monothéisme, ou plutôt comme un panthéisme, un « Spinozismus ante Spinozam ». Elle contient l’idée d’une cause première d’où tout est issu selon la formule grecque Hen kai Pan, littéralement « l’Un et le Tout », ou le « Un-Tout ». La formule est généralement attribuée à Héraclite. Mais, aux yeux des Lumières, une autre origine encore plus lointaine se fit jour : « un certain nombre d’érudits croyaient pouvoir établir que cette religion panthéiste originaire de l’Un comme Tout existait dans l’Egypte antique ». Elle passait pour le savoir le plus ancien de l’humanité. C’est à partir des descriptions transmises par les auteurs Grecs que naquît cette image de la religion de l’Egypte ancienne comme religio duplex. Parmi les plus importantes on compte le traité de Plutarque (46-125) Isis et Osiris et l’écrit du néoplatonicien Jamblique (242-325) connu depuis la Renaissance sous le titre Sur les mystères égyptiens (De mysteriis Aegyptorum). A celles-ci s’ajoute dans l’Antiquité tardive une vaste littérature gréco-égyptienne de type religieux comprenant des papyrus magiques et les traités du Corpus Hermeticum, très imprégnés de motifs et de conceptions néoplatoniciennes. Selon Assmann cette littérature, qui eu une grande influence à l’époque des Lumières, contient en substance l’idée d’une dissociation entre une religion du peuple et une religion des élites.
De manière très approfondie Assmann examine les différentes étapes du processus par lequel est né le phénomène de la religio duplex et pourquoi les francs-maçons ont cru à la thèse de l’Egypte antique comme étant à l’origine et l’initiatrice de ce type de religion. Thèse qui repose largement sur des méprises et des erreurs. Grâce à son expérience d’égyptologue, Assmann commence par dresser l’état de la situation politique et sociale à la fin de la civilisation égyptienne et l’interprétation qu’en firent les Grecs. L’Egypte ancienne fut successivement soumise à la domination des Perses, des Grecs puis des Romains et selon l’auteur, en réaction aux dominations étrangères, il y eu de la part des élites égyptiennes, dépossédées du pouvoir politique, socialement dégradée, une cléricalisation de la culture qui se réfugia dans le secret des temples, donnant ainsi prétexte à une distinction entre religion populaire et, derrière celle-ci, une sagesse profonde, inaccessible au peuple et réservée aux « sages ». A cela s’ajoutent les concepts du sacré et du secret très proches l’un de l’autre, le sacré étant considéré comme ce qui est secret par excellence dans la religion égyptienne. Les textes sacrés, destinés à la récitation, mettaient en œuvre un procédé qu’il appelle « interprétation sacramentelle », fondée sur l’idée d’un double sens de l’écrit, « une sémantique à double fond », reposant sur la distinction entre un sens littéral et un sens mystique, entre « le niveau des phénomènes et le niveau de la signification secrète ». Le second sens ayant un aspect transformant. Celui qui en use lors d’un rituel bien réglé se transfigure. Assmann y voit un procédé permettant de forger une interprétation qui présuppose la distinction entre un monde matériel et temporel où se déroulent les rites et un monde des dieux ; cette dualité remontant à la haute Egypte, deux à trois millénaires avant notre ère. C’est dans cette antique tradition, pense-t-il, que réside le vrai noyau de la conception que se firent les Grecs des Mystères Egyptiens.
Les francs-maçons du 18ème siècle n’avaient pas accès à la signification des hiéroglyphes, dont le déchiffrement commença avec Champollion en 1822. Néanmoins l’idée qu’ils se firent de l’écriture de l’Egypte ancienne, ou plutôt de ses différentes écritures, explique l’image qu’ils projetèrent sur sa religion et sa culture. La première erreur pointée par Assmann réside dans la conviction de la présence de deux écritures. L’une cursive destinée à tous, le démotique (« démotique » vient du grec dêmos, « peuple » et signifie « écriture du peuple »), l’autre hiéroglyphique qui n’était que pour les prêtres (d’où le nom de hiéroglyphes, du grec hieros, « sacré », hiereus, « prêtre »). En réalité on utilisait en Egypte trois écritures : « l’écriture hiéroglyphique pour les inscriptions monumentales ; le hiératique, une écriture cursive, pour les manuscrits sur papyrus et autres matériaux ; et enfin une écriture cursive encore beaucoup plus simple pour la langue vernaculaire, le démotique ». Aujourd’hui nous savons qu’il s’agit de trois variantes d’un unique système d’écriture. Déjà au 1er siècle av. J-C. Diodore de Sicile interprétait le démotique comme le système général d’écriture, appris par tous, et l’écriture sacrée comme une écriture qui n’était utilisée que par les prêtres et enseignée dans le cadre des Mystères. Deux cents ans plus tard Clément d’Alexandrie (150-220) restitue plus précisément cette triple forme d’écriture et décrit son apprentissage comme un chemin initiatique, l’écriture hiéroglyphique formant le couronnement d’une culture sacerdotale. A la façon de Diodore, il comprend l’apprentissage des hiéroglyphes comme le degré le plus élevé de l’initiation aux Mystères égyptiens, mais pour lui la frontière entre la face extérieure et la face intérieure, entre le profane et le sacré, entre le niveau exotérique et le niveau ésotérique de la culture égyptienne, passe entre l’écriture épistolaire (démotique) et les deux écritures sacerdotales (hiératique et hiéroglyphes), qui marquent à leur tour différents degrés du secret dans les Mystères des temples. En outre Clément distingue dans l’écriture hiéroglyphique les signes élémentaires et les symboles. Les symboles se subdivisant à leur tour en trois sortes : la simple imitation, le transposé ou « tropique » et enfin l’allégorique ou énigmatique. Porphyre de Tyr (234-305) traite également des écritures égyptiennes dans le cadre de l’initiation aux Mystères égyptiens, en l’espèce l’initiation de Pythagore, censé avoir étudié des dizaines d’années auprès des prêtres égyptiens. Lui aussi distingue trois types d’écriture qu’il nomme « épistolographe », « hiéroglyphe » et « symbolique ». Clément et Porphyre établissent tous deux une relation entre l’écriture hiéroglyphique et l’idée d’une cryptographie liée à sa fonction dans les Mystères. En résumé, dans cette conception d’une double culture strictement scindée entre exotérique et ésotérique réside la nécessité d’une double écriture et inversement. C’est sur cette opposition (hiéroglyphes = écriture ésotérique, cursive = écriture exotérique) que s’est progressivement édifiée l’idée de la double religion.
[..]" 
La suite sur le site de la Loge.

dimanche 4 février 2018

Loge Gérard GEFEN n° 29

Située à l'Orient de Marseille, la Loge Gérard GEFEN portant le n° 29 de la LNF, rend hommage au franc-maçon du même nom (1934-2003) qui travailla toute sa vie à une meilleure compréhension, pratique et étude du Rite Anglais de style Emulation.

Mais qui était ce Frère ?
Gérard Gefen était musicologue, écrivain, producteur de disques classiques, grand voyageur et connaisseur du rite anglais de Style Emulation entre autres choses.
Après avoir associé à des études en philosophie et en sciences politiques, celles de l'histoire de l'art et de la musique, Gérard Gefen s'est finalement consacré à ces dernières disciplines. On lui doit un très grand nombre d'émissions de radio (France Musique, France Culture, Radio de la Suisse romande) et de collaborations à la presse musicale.
Mais, avant tout écrivain, il est notamment l’auteur de Les Philosophes, roman (Éditions du Scorpion, 1960) ; Furtwängler, une biographie par le disque (Pierre Belfond, 1986) ; Augusta Holmès, l'outrancière (Pierre Belfond, 1987) ; L'assassinat de Jean-Marie Leclair, récit (Pierre Belfond , 1990) ; Histoire de la musique anglaise (Fayard, 1992) ; Les musiciens et la franc-maçonnerie (Fayard, 1993) ; Maisons de musiciens (Chêne, 1997) ; Paris des artistes, (Chêne, 1998) ; Paris vu du ciel, (Chêne, 1998) ; La Sicile des Guépards, vie quotidienne d’une aristocratie, (Chêne, 2000); Le siècle de feu de l’Opéra italien, (Éditions du Chêne, 2000) ; Verdi par Verdi (L’Archipel, 2001) ; Wilhelm Furtwängler, la puissance et la gloire, (L’Archipel, 2001) ; Piano (Chêne, 2002) ainsi que de nombreuses contributions dans des ouvrages collectifs, de plusieurs traductions et d’un livret d’opéra.
Initié en 1974, il fut membre de la Loge Nationale Française (Loges Goodwill n°17, René Guilly n°22, Loge d’études et de recherches William Preston lettre Beth) et membre correspondant de la célèbre Loge d’études des Quatuor Coronati. Il y pratiqua le rite anglais, style Emulation, dont il possédait tous les grades et dignités : Passé Maître, Passé Maître de la Marque, Passé Zorobabel, Principal du Suprême Grand Chapitre de la Maçonnerie française de la Marque et de l’Arc Royal.
De nombreuses informations et divers travaux en ligne sur le site de la Loge Gérard GEFEN...

samedi 27 janvier 2018

Cagliostro et la haute Maçonnerie Egyptienne


"Cagliostro est l’exemple même du rêve maçonnique égyptien à tel point qu’il est considéré aujourd’hui par beaucoup comme le père fondateur de la maçonnerie dite égyptienne. Il n’y a rien de plus faux. Le système de Cagliostro n’a eu aucune descendance et le personnage, qu’il soit vu comme un charlatan ou un grand initié, reste mal connu et entouré de mystères tant il s’assimile à un héros de roman."
Un état de la question sur "Cagliostro et la haute Maçonnerie Egyptienne" a été présenté le 9 novembre 2017 au sein de la Loge d'études et de recherches Court de Gébelin lettre β de la LNMF. Voici la partie concernant le Rite égyptien de Cagliostro :
"C’est un rite de hauts grades dont il est le Grand Cophte. Pour pratiquer ce rite, il fallait avoir 25 ans, être déjà Maître maçon et croire en Dieu. Les 3 hauts grades égyptiens sont : Apprenti ; Compagnon ; Maître Intérieur. Le but est de s’unir à Dieu, en accédant à des pouvoirs surnaturels qui viennent de Lui et, accessoirement, d’allonger la vie humaine. Pour y parvenir ce rite a 3 composantes principales : l’Alchimie ; la Théurgie ; le Sacerdoce.
  • L’Alchimie structure la progression dans les grades égyptiens. C’est une alchimie aussi bien destinée à produire de l’or qu’à soigner les corps et, au-delà de la régénération physique, elle vise la régénération spirituelle. A travers un symbolisme planétaire, conjugal, numéral, biblique, le Franc-maçon doit trouver la matière première ou Grand Œuvre ce qui lui permettra de rejoindre Dieu et de s’unir à Lui. L’alchimie est ainsi la clef du symbolisme maçonnique et par elle on accède à la Théurgie.
  • Avec la Théurgie donc, on peut voir comme le pensait John Yarker en 1908 l’influence de Martinès de Pasqually. Dans le temple, le Maître Intérieur devient Coën. Par plusieurs types d’opérations, il invoque les anges, les prophètes via des médiums et peut établir un lien avec la puissance divine, ce qui implique la possession de pouvoirs surnaturels. Le Maître Intérieur pourra ensuite procéder à des célébrations théurgiques hors de la Loge. On se doute bien que Rome n’a pas dû apprécier ce genre de Sacerdoce.
  • Le Maître Intérieur a, en effet, à accomplir un Sacerdoce. Celui-ci n’a rien de spécifiquement égyptien. C’est un mélange de rites religieux, maçonniques, magiques, théurgiques, le tout plutôt ancré dans l’Ancien Testament, ce qui fait que Robert Amadou a pu l’assimiler à un rite « juif ». Mais Cagliostro lui-même ne se voyait-il pas comme une sorte de Christ ? Enfin la perspective est celle de la réintégration, rendue nécessaire après la Chute originelle de l’Homme. Tout cela fait de ce rite, quelque chose d’aussi mystérieux que la Maçonnerie dite « écossaise »…
..." 
La suite sur le site de la Loge...

lundi 22 janvier 2018

Essai de chronologie de la Maçonnerie anglaise au XVIIIe

Au sein de la Loge William Preston lettre ב de la LNF, Paul Paoloni a présenté en 2017 un essai de chronologie sur les grandes dates de la Maçonnerie anglaise au XVIIIe siècle.
En voici le plan :
I. Ecosse : 1598/1700. Des Statuts Shaw aux 4 Ms du groupe Haughfoot : le 17e siècle écossais ; maçonnerie opérative en 2 grades + le Maître de la loge, et un secret principal : le Mot du Maçon
II. Angleterre : apparition de la maçonnerie spéculative
III. Le pseudo « Schisme » entre les Anciens et les Modernes.
Voici la première partie sur l'Ecosse :
Henry Adamson The Muses Threnodie Edinburgh 1638 – Mary’s Chapel Lodge Edinburgh admet Sir Robert Moray en 1641, mais en déplacement en Angleterre
En 1691 Revd. Robert Kirk définit le Mason Word is like a Rabbinical Tradition, in way of comment on Jachin and Boaz, the two Pillars erected in Solomon’s Temple (I Kings, vii, 21) with an addition of some secret Signe delivered from Hand to Hand, by which they know and become familiar one with another.
1696-1720 : 4 Ms écossais (aide-mémoire) du groupe Haughfoot. 2 parties : 
  1. The forme of giving the Mason Worde : Le Ms d’Edimbourg (1696) et le Kevan (1714-1720) nous révèlent que ce Mot est double : Jachin & Boaz Il est donné à l’Apprenti Entré selon certaines formes Le « Compagnon ou Maître » reçoit d’autres « secrets » au moyen des Five Points Of Fellowship. 
  2. un « catéchisme » pour vérifier les connaissances.

Le travail est accessible en ligne sur le site de la Loge.

samedi 20 janvier 2018

Principes de révision du Rite Français Traditionnel

Au sein du groupe de travail Comprehendere Facereque, souché sur la Loge Jean-Théophile Désaguliers n° 1 de la LNF, les principes de révision du Rite Français Traditionnel ont été posés en 2016 par Roger Dachez :
"Plus de 50 ans après sa première version, le RFT a suscité, au sein de la LNF, un travail de recherche qui n’a jamais cessé. De même que René Guilly-Désaguliers lui-même avait vu, au moins à deux reprises, vers 1970 et vers 1988, la nécessité d’une révision des textes, à la fois pour les simplifier et les rendre plus accessibles, de même il est apparu opportun, en ce début du XXIème siècle, d’appliquer les acquis d’une recherche qui a permis de mieux préciser certains aspects de la première maçonnerie française. Il a paru en outre souhaitable de rendre ces rituels plus praticables et plus clairs : la sophistication des révisions successives avait sans doute rendu certaines allusions symboliques trop subtiles et finalement peu compréhensibles.Les principes adoptés pour cette révision sont les suivants :
  • Les références de base sont les textes compris dans la Liste et codification des sources du RFT.
  • Ne sont plus retenues que les références directement ou indirectement liées à la tradition des Modernes – les textes des Anciens, essentiellement les Three Distinct Knocks (TDK), 1760 et Le Guide des maçons écossais (c.1804), ne sont donc pas pris en considération.
  • On privilégie les usages et les choix des textes français entre 1737 et les rituels arrêtés en 1786 par le Grand Orient de France
  • ..."
La suite sur le site de la Loge.

mercredi 17 janvier 2018

Le frontispice des Constitutions de Cole

En 2014, dans la Loge d'études et de recherches William Preston lettre ב de la LNF, Roger Dachez a proposé quelques commentaires sur le frontispice des Constitutions de Cole :
"Comme tout document historique, une gravure ne peut être expliquée que dans le contexte qui l’a vue naître et non en faisant fonctionner une imagination débridée. Qui a produit ce document ? Quand ? Pour répondre à quelle question, à quel besoin ?, etc. etc. voilà ce qu’il faut s’efforcer de connaître si l’on ne veut pas se livrer au jeu néfaste du délire symbolico-maniaque.
Cette gravure a été publiée dans la seconde édition des Constitutions de Cole en 1731. Ces Constitutions furent éditées une première fois, sans la gravure, fin 1728 (ancien style) – début 1729 (nouveau style). Ce texte fait partie de la famille «Spencer» des Anciens Devoirs.
On y voit 3 personnages, des Maçons, associés aux 3 luminaires (Soleil, lune, étoiles) et aux ordres d’architecture anciens (dorique, ionique et corinthien).
En 1727, soit 4 ans avant cette gravure, la Grande Loge de Londres avait attribué des bijoux aux officiers principaux de la loge : l’équerre au Vénérable Maître, le Niveau au 1er Surveillant et la Perpendiculaire au 2e Surveillant. Cet usage s’est universellement répandu. Or sur cette gravure on voit autre chose : le compas est attribué au VM, la perpendiculaire au 1er surveillant et l’équerre au 2e Surveillant. Comment interpréter cela ? Une fantaisie d’artiste ? Peut-être et même si les autres éléments de la gravure sont attestés par ailleurs. Mais ce peut être aussi le témoignage (il est vrai le seul connu, un hapax) d’un autre usage. Après tout si la Grande Loge a ressenti le besoin de « fixer » ces bijoux c’est peut-être que leur usage était fluctuant ? N’oublions pas, et c’est là que la contextualisation est utile, que nous sommes dans la période (1725-1730) de la constitution du grade de Maître (1725 première attestation d’un grade de Maître, 1726 manuscrit Graham, 1730 publication du grade). Or nous savons que ce grade de Maître n’était pas pratiqué dans la loge ordinaire ou « générale » mais dans une loge spéciale, de « Maîtres ».
..."
La suite sur le site de la Loge.

lundi 15 janvier 2018

Les principales dates de Jean-Théophile Désaguliers

Notre F. Thierry Boudignon avait rappelé les principales dates de la vie de Jean-Théophile Désaguliers, lors de la Tenue du 18 mai 1999 dans la Loge éponyme de la LNF :
  • 1683, 12 mars : naissance de Jean Théophile Désaguliers à La Rochelle. Il fut baptisé le 17.
  • 1685. A la suite de la Révocation de l’Edit de Nantes, la famille Désaguliers quitte la France pour l’Angleterre.
  • 1705. Il commence ses études à Oxford.
  • 1710. Il est « Bachelor of Arts » et devient professeur de « philosophie expérimentale », c’est-à-dire de physique.
  • 1711. Il publie A tractise of fortifications, traduction d’un ouvrage d’Ozanam (Jacques Ozanam, mathématicien français, 1640-1717 ?).
  • 1712. Il est « Master of Arts ». Il se marie.
  • 1713. Il enseigne à Londres et devient l’ami de Newton (1642-1727).
  • 1714. Il entre à la « Royal Society ». Il est chapelain du duc de Chandos.
  • 1717. Il devient ministre du culte anglican. Il vulgarise la pensée de Newton, notamment devant le roi George 1er. Il publie Physico-mecanical lectures (Conférences Physico-Mécaniques, sur la Mécanique, l’Hydraulique, l’Optique et l’Astronomie). Fondation de la Grande Loge de Londres : Anthony Sayer, 1er Grand Maître
  • 1718. Il est Docteur en Droit Civil. George Payne 2e G.M. de la G.L. de Londres.
  • 1719. Il devient le 3e Grand Maître de la G.L. de Londres (plus tard appelée G.L. des Modernes puis Première G.L.).
  • 1720. Il publie A system of experimental philosophy.
  • 1721. Il est docteur en droit. Il fait un voyage en Ecosse, à Edinbourg. Le duc de Montagu, Grand Maître.
  • 1722. Il publie la thèse newtonienne sur la réfrangibilité des rayons de lumière.
  • 1723. Il participe à la rédaction des Constitutions dites d’Anderson (The Constitutions of the Free-Masons). Il est député Grand Maître du duc de Wharton, du comte de Dalkeith (1724) et Lord Paisley (1725).
  • 1727. Il est chapelain du prince de Galles.
  • 1728. Il publie son poème « Le système de Newton ».
  • 1731. Il se rend en Hollande où il donne des conférences.
  • 1734. Il publie A Course of Experimental Philosophy.
  • 1735. Il est en France. Il devient membre correspondant de l’Académie des Sciences de Paris.
  • 1742. Il publie, à Bordeaux, Dissertation sur l’électricité des corps.
  • 1743, 29 mars : mort de Jean Théophile Désaguliers.
Vous trouverez sur le site de la Loge des références bibliographiques et d'autres dates de mise en contexte des îles britanniques.