mardi 8 mai 2018

Sagesse, Force et Beauté

Le 3 mars 2018, Roger Dachez, Passé-Maître immédiat de la Loge "La Rose et le Chardon n° 1" des LNFU, a présenté un travail sur l'anatomie historique d’un ternaire méconnu, à savoir « Sagesse, Force et Beauté ».

En voici quelques extraits :
Il est d’abord rappelé qu’il s’agit d’un des fondamentaux de la symbolique maçonnique, qui a été recouvert au XX° siècle d’un discours délirant. 
Ce ternaire a souvent une origine inconnue des Francs-maçons et l’imagination suppléant à la mémoire, on se réfugie sans modération vers des origines complexes et compliquées, par exemple une origine avec l’arbre des Sephirot de la kabbale. 
En fait l’origine de ce symbole est typiquement maçonnique comme l’a mis en évidence René DÉSAGULIERS dans son ouvrage Les Trois grands piliers de la Franc-maçonnerie (Véga, 3e éd. 2011). Ce ternaire apparaît en 1730 avec les divulgations de PRICHARD et dans le manuscrit Wilkinson daté de 1727. La maçonnerie spéculative a repris à son compte des textes de la tradition opérative des « Old charges ». Quand on se confronte aux textes les plus anciens (Regius et Cooke) puis par la suite les 130 déclinaisons connues, la trame est la même : ces anciens devoirs reprennent en première partie une histoire mythique et conjuguent dans leur seconde partie les devoirs moraux et professionnels. Ces lectures successives ont été produites aux XVIe et XVIIe siècles et ensuite utilisées par des maçons qui n’étaient plus opératifs. 
Il existe une constante, c’est l’invocation préalable « par la Force du père, la Sagesse du Fils, la Beauté du Saint-Esprit ». L’invocation est trinitaire et elle fait référence à la Trinité chrétienne. 
La suite sur le site de la Loge...

mercredi 25 avril 2018

Création des LNFU

Suite à la fusion de la Loge Nationale Française (LNF) avec la Loge Nationale Mixte Française (LNMF) qui a donné naissance le 21 avril 2018 aux Loges Nationales Françaises Unies (LNFU), son Président par intérim jusqu'au 9 juin a diffusé la communication ci-dessous aux Grands Maîtres et Grands Secrétaires des Obédiences de la Maçonnerie française.

Le site officiel des LNFU est accessible à cette adresse : lnfu.fmtl.fr

Clichy, le 25 avril 2018,
Mes TT.CC.FF., mes TT.CC.SS.,

Je tiens à porter à votre connaissance que le samedi 21 avril, l’Assemblée Générale Extraordinaire de la L.N.F. a adopté définitivement le projet de fusion avec la L.N.M.F. par un vote favorable à près de 92 %. 
L’immense majorité des membres de la L.N.F. se reconnaît donc dans le projet des L.N.F.U. qui est désormais une réalité concrète. 
Je vous invite dès maintenant à participer activement à la journée du samedi 9 juin à Paris à partir de 10 heures au G.O.D.F. en son Temple Arthur Groussier. 
La convocation officielle et le programme détaillé vous parviendront très prochainement.
Y être présent constitue un devoir impérieux pour tous ceux qui sont attachés à la Maçonnerie de Tradition que nous pratiquons. 
Je sais pouvoir compter sur vous et sur votre dévouement. 
Recevez, mes TT.CC.FF., mes TT.CC.SS., l’expression de mes sentiments fraternels. 
T.R.F. Marc Mirabel
Ancien Président de la L.N.F.
Président des L.N.F.U.



vendredi 20 avril 2018

Renaissance Traditionnelle en 2018


Voici les projets auxquels l'équipe de la Revue Renaissance Traditionnelle a travaillé ces derniers mois, pour l'année 2018.

Tout d'abord le n°189 qui sera disponible dans la première quinzaine de mai, avec un peu de retard, mais dont le contenu va intéresser ceux d'entre vous qui ont assisté à la Conférence des 26 et 27 mai 2017 à la BnF, puisque nous l'avons intitulé "Encore Ramsay!", et qu'il est entièrement consacré à l'atmosphère intellectuelle dans laquelle ont baigné les premières années de la franc-maçonnerie.

Notre numéro suivant sera « un double » (n°190-191, pour paraître début juillet… en avance!). Cette livraison vous invitera à découvrir différentes figures illustrant les liens entre la franc-maçonnerie et l’Illuminisme du Siècle des lumières. Antoine Faivre nous proposera d’abord une biographie du célèbre – mais jusque-là fort mal connu – Touzay Du Chenteau. Raphael Benoit nous présentera ensuite le portrait d’un grand « serviteur méconnu », Jean-André Périsse-Duluc, un des plus proches compagnons de Jean-Baptiste Willermoz et son associé fidèle dans ses entreprises maçonniques. Paul Paoloni évoquera certains aspects de la "légende" selon laquelle la franc-maçonnerie "spéculative" aurait pris naissance au milieu du 17e siècle à l'initiative de Cromwell, sur la base de deux anciens ouvrages de divulgation maçonnique mal connus… Enfin, Jacques Tuchendler nous exposera les résultats d’une recherche passionnante sur les relations entre certains Maçons et les « prophétesses de la Révolution », Catherine Théot et Suzette Labrousse.

Quant au dernier numéro de l'année, le 192, il sera entièrement consacré au grade de Maître Ecossais. Nous nous pencherons sur ses sources et sur les différentes versions établies à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe par les grands Rites qui se fixent alors dans la Maçonnerie française. 

Le Secrétaire de Rédaction
Paul Paoloni

samedi 14 avril 2018

Petite histoire d'Emulation

Lors de la Tenue inaugurale de la Loge La Rose et le Chardon n° 1 de la LNMF, Thierry Boudignon a présenté une "petite histoire du rite Emulation" dont voici quelques extraits :
"Si, jusqu’à un passé récent, l’histoire du style Emulation était fort mal connue en France, nous disposons aujourd’hui d’un ouvrage accessible dans la collection « Que Sais-Je ? ». Cette méconnaissance dont les causes sont diverses (obstacle de la langue, impression tardive des rituels, politique d’ostracisme de la Grande Loge Unie d’Angleterre vis-à-vis de la Maçonnerie française) a, entre autre, abouti en France à faire croire que le rite des 3 premiers grades le plus pratiqué du monde est le Rite Ecossais Ancien et Accepté. C’est une profonde erreur. Le rite le plus pratiqué dans le monde –et spécialement dans le monde anglo-saxon- est bel et bien le rite anglais en général et le style Emulation en particulier.
Ce rite que les anglais appellent « The Craft » et qui est présenté comme la manifestation de la « pure et ancienne Maçonnerie » est, en réalité, dans sa forme, un des plus récents, et date du début du XIXe siècle. Par comparaison le Rite Français et le RER ont été « fixés » dès la fin du XVIIIe siècle. De plus il est le résultat d’une fusion de systèmes rituels antérieurs ce qui fait que certains le considèrent comme une sorte de bricolage ni fait ni à faire et que d’autres le considèrent comme le modèle d’un rituel fondé sur « l’Art de la Mémoire ». Ce qui est certain c’est que c’est un rituel plus difficile à comprendre qu'il n'y paraît.
Si « Emulation » a été élaboré dans les années 1810-1830, l’histoire d’Emulation commence avant Emulation. Et pour cela il faut remonter aux origines de la Maçonnerie spéculative anglaise.
[..]
Pourquoi pratiquer ce rituel ? Parce qu’il est celui de la Grande Loge mère de toutes les Grandes Loges, parce qu’il est le plus pratiqué, parce qu’il est important de comprendre comment fonctionnent les anglais fondateurs de la Franc-maçonnerie. 
Ce faisant, il ne s’agit ni de copier servilement la Maçonnerie anglaise ni de l’ignorer car, comme le disait René Guilly : « Une maçonnerie française inféodée à l’Angleterre est une maçonnerie morte et une maçonnerie française ignorant l’Angleterre est une maçonnerie qui se meurt »."
L'intégralité de ce travail est disponible en ligne sur le site de la Loge...

samedi 7 avril 2018

Le Comte de Saint-Germain et Jean-Baptiste Willermoz

"Le Comte de Saint Germain est un personnage qui ne laisse pas indifférent, cependant l’objet d’une loge d’étude travaillant avec la méthode académique historico-critique, n’est pas de juger ou d’encenser qui que ce soit mais plus simplement d’essayer de comprendre un moment d’histoire. C’est au moyen d’une partie de la correspondance de Jean-Baptiste Willermoz que nous étudierons le comte de Saint-Germain."
Ainsi commençait la conférence de Thierry Boudignon sur "le Comte de Saint-Germain dans la correspondance de Jean-Baptiste Willermoz", présentée le 8 mars 2018 dans la Loge d'Etudes et de Recherches Court de Gébelin lettre β de la LNMF.

Ce travail permet de comprendre le regard que portait Willermoz sur le Comte de Saint-Germain. Voici un extrait :
"Dans une lettre à Charles de Hesse du 15 juin 1781, il écrit :
« Je connais de réputation Monsieur le comte de Saint-Germain comme toute l’Europe le connaît. J’ai entendu parler souvent de son grand âge extraordinaire, de quelques anecdotes singulières, de ses rares connaissances dans la chimie, dans les sciences naturelles, même dans l’art des adeptes comme possédant le secret de la médecine universelle »
On aura reconnu dans ce portrait la dimension cosmopolite européenne du personnage, et quelques uns des pouvoirs extraordinaires qu’on lui attribue : une quasi immortalité, (en cela ce pourrait être aussi le portait de Cagliostro) et de rares qualités de chimiste et d’alchimiste puisqu’il connaîtrait le secret de la médecine universelle.
Mais Willermoz est un homme prudent : il réserve son jugement et reconnaît que ce qu’il sait du comte étant basé :
« sur de simples et de si vagues assertions plus dénuées (…) de preuves que de probabilités, j’ai cru devoir suspendre mon jugement sur son compte, (…) jusqu’à ce que d’heureuses circonstances (…), me missent à portée d’apprécier le tout et d’en porter un jugement plus certain. »
Ces circonstances vont arriver.
Hesse-Cassel, lui, est plus enthousiaste. La notice qui est consacrée au comte in le Monde maçonnique des Lumières p. 2454, nous le confirme. Il tenait Saint-Germain en très haute estime et parle de lui ainsi :
« Ami de l’humanité, ne voulant de l’argent que pour le donner aux pauvres (…) son cœur ne s’occupait que du bonheur d’autrui. Il croyait rendre le monde heureux en lui procurant de nouvelles jouissances, de plus belles étoffes, de plus belles couleurs, à bien meilleur marché ». Portrait flatteur et beau !"
L'intégralité de ce travail en ligne sur le site de la Loge...

samedi 31 mars 2018

La Rose et le Chardon

La Loge La Rose et le Chardon n° 1 de la LNMF vient de créer son site pour y publier ses travaux.

Lors de la consécration de la Loge, le samedi 26 octobre 2013, son Vénérable Maître, Roger Dachez, avait présenté un exposé intitulé "la Franc-maçonnerie : une approche historique et spirituelle", traçant en quelque sorte l'esprit et le plan de travail de la Loge, dont voici une synthèse :
"Il est rappelé en introduction que les Anglais avaient une approche morale de la Franc-maçonnerie alors que cette approche était plutôt d’ordre philosophique en France. 
Il est vrai que la Grande loge Unie d’Angleterre a récemment affirmé (2011) que le but de la Franc-maçonnerie n’était pas une recherche spirituelle, mais de faire de bons citoyens. Cependant les Anglais sont respectueux des formes dans lesquelles leur maçonnerie est figée depuis deux siècles. Ils n’entendent pas le sentiment religieux avec l’approche dogmatique courante chez les Français, qui manquent de culture religieuse. Ces derniers ont une relation compliquée avec le sentiment religieux, contrairement aux Anglais.
Sur un autre plan, les Français ont une liberté d’interprétation – inconnue chez les Anglais – et espèrent que la maçonnerie pourra les conduire sur des voies autres que philosophiques et religieuses, les voies « initiatiques »... ce qui risque de conduire ces derniers à un « délire doux et tranquille » d’interprétation exacerbée des symboles, sans tenir compte des intentions initiales ; il est bien clair que la Franc-Maçonnerie n’est, ni un substitut de religion, ni un délire théosophique... On doit rechercher la Franc-Maçonnerie dans les sources originelles, en les confrontant à nos expériences quotidiennes d’aujourd’hui, ce qui en fait donc une « never ending story ». 
Notre travail nous conduira donc à reprendre – en les commentant – les fondamentaux de la Franc-maçonnerie anglaise qui se trouvent dans les Instructions aux trois grades et dans les Discours après les réceptions, ou les explications des Tableaux, il s’agit d’une « masse incroyable » de documents. La répétition finit par produire du sens au fond de nous-mêmes...
Il ne s’agit donc pas de travaux savants, mais de lire et interpréter les documents disponibles, pour que l’effet instructif se produise, mais à condition de nous engager à préparer les textes avant : c’est l’approche « historique et spirituelle »...
L’exécution exacte du rituel est aussi une discipline en soi."

samedi 24 mars 2018

Instruction morale rectifiée

Lors de ses quatre dernières Tenues, la Loge L'Equerre - la Tradition Rectifiée n° 4 de la LNF a commenté l'Instruction morale du 1er grade du Rite Ecossais Rectifié, délivrée à tout nouvel Apprenti.
Il est important de revenir sur ce texte et d'en étudier les origines, d'en souligner la grille de lecture propre au Rectifié, et finalement d'en donner un sens pour les Maçons d'aujourd'hui.

Voici un extrait de l'Instruction morale :
“Vous avez été conduit par trois pas d'équerre à l'Orient, et là, après avoir été interpellé trois fois de déclarer si c'était bien par un pur et libre effet de votre volonté que vous demandiez à être reçu, le genou droit sur l'Equerre et la pointe du Compas sur le coeur, vous avez solennellement pris à témoin le Grand Architecte de l'Univers de vos engagements.”
Suivent quelques commentaires de la Loge :
"Poser cette question à trois reprises est un archaïsme de la maçonnerie française.
Le plus ancien rituel français connu, Hérault 1737, a déjà cette triple interprétation : “avez-vous la vocation ?” On n’a pas besoin de la Franc-maçonnerie pour accomplir un parcours spirituel et moral. On peut donc s’en passer. En revanche, pour y rentrer il faut le vouloir mais également le désirer. Ce libre appel qu’on se lance à soi-même est déterminant. L’essentiel, c’est de ressentir un jour (même après) que l’on est appelé. On n’est pas un pantin dans la Franc-maçonnerie. Il ne s’agit pas d’une révélation au moment où le bandeau tombe ; ce n’est pas de la magie. C’est un parcours progressif. Il faut avoir de la patience pour construire ce chemin.
Ce sur quoi le candidat prête serment - les yeux bandés - est l’évangile de St Jean. Depuis plus de 35 ans de maçonnerie, notre Vénérable Maître a constaté que les candidats semblent confiants quand on leur demande si leur main est bien sur l’Evangile… Il faut qu’ils le sachent et qu’ils en soient sûrs.
Il y a une différence entre le RER et le rite Anglais style Emulation. Dans ce dernier cas, on prête serment sur les 3 grandes lumières. Au RER, le compas et l’équerre sont présents, et donc les 3 grandes lumières, mais avec un agencement différent :
  • Compas contre le coeur
  • Genou dans l’Equerre
  • Main sur l’Evangile 
Cela a d’ailleurs posé problème avec les principes de base de reconnaissance de la GLUA : les 3 grandes lumières doivent être exposées à la vue du candidat. On a même vu dans certaines Loges rectifiées, par inculture maçonnique, l’ajout des 3 grandes lumières. Mais on peut dire que tous les rites reçoivent les candidats sur les 3 grandes lumières. Il s’agit d’un symbolisme universel : entre l’équerre (terre) et le compas (ciel), on trouve le livre (parole divine). 
Quelques échanges suivent :
  • Le principal objet de la maçonnerie est l’instruction maçonnique. Dans les textes rectifiés, il y a toujours une explication maçonnique classique et une autre qui renvoie à des clés de compréhension spécifiques et liées à 2 auteurs : Martinez de Pasqually et Louis-Claude de Saint-Martin. Témoin constant du RER, Saint Martin a une pensée commune à ceux qui ont façonné ce rite. 
  • La thématique du guide est très importante dans la pensée chrétienne en général, mais dans un rituel, il s’agit d’action et de rendre concret un état. Dans la vie courante, nous pouvons apparaître comme « errant ». Nous ne prenons guère le temps de nous arrêter et de nous interroger sur cette « errance ». La spécificité maçonnique, c’est de pouvoir s’y interroger. Le candidat, les yeux bandés, qui marche seul, livré à lui-même, figure, par le geste, la destinée humaine « errante » mais qui use de sa volonté à la recherche d’un guide. Il s’agit alors de rechercher à être en conformité avec les plans de la Providence.
  • La fonction de l’épée : c’est un caractère intemporel de la Franc-maçonnerie car on n’en utilise plus dans la société d’aujourd’hui. L’épée était un signe de la noblesse. Or les textes rectifiés de l’Ordre Intérieur parle de noblesse de naissance et de noblesse de mérite, précisant que la noblesse de naissance ne dispensera pas de la noblesse de mérite. L’épée est le symbole de l’honneur et de la force de la foi. Celui qui est noble met son honneur dans la cause de la foi."
L'ensemble des commentaires de l'Instruction morale du 1er grade du R.E.R. sont disponibles en ligne :

samedi 17 mars 2018

Actualités de Liber Latomorum

Lors de sa Tenue du 1er mars 2018, la Loge Liber Latomorum lettre γ de la LNMF a présenté les ouvrages suivants :


Ci-dessous un aperçu des deux comptes-rendus.

L'École secrète de sagesse, rituels et doctrines authentiques des Illuminés

"Curieuse histoire que celle des Illuminés dits de Bavière. Fondée en 1776 par Adam Weishaupt, cette société atteint son apogée en 1783. Apogée bien modeste, il est vrai, puisqu’elle ne regroupera jamais plus de quelques centaines de membres en Allemagne. Ce qui n’empêchera pas de donner naissance à toutes sortes de thèses conspirationnistes dès la fin du XVIIIe siècle avec Augustin Barruel, J. Robison en Angleterre (Proofs of a Conspiracy) et jusqu’à nos jours.
Si le but de cette société secrète non maçonnique est simple, celui de travailler au bonheur de l’humanité et s’oppose aux éléments conservateurs de la société, notamment les Rose-Croix d’Or d’Ancien Système, les Jésuites, etc., son organisation est complexe et hiérarchisée. C’est Adolf von Knigge, au début des années 1780, qui la met au point, remanie les rituels et lui donne un essor relatif. Bode, quant à lui, essayera d’imposer les vues de la société, notamment dans son combat contre les Jésuites, au convent de Wilhelmsbad en 1782, sans y parvenir. Weishaupt lui-même est très marqué par les Jésuites.
Si pour entrer dans la société, il faut être chrétien, l’enseignement est assez éclectique et les candidats doivent tenir une sorte de journal intime qui est remis aux Supérieurs de l’Ordre.
Dans la première classe, qui est la pépinière de la société, le candidat découvre 4 grades dont celui de Minerval (qui trouve sa source chez les « Architectes Africains ») prônant la pratique de la contemplation nocturne dans le silence en s’appuyant sur divers livres de sagesse et pas seulement chrétiens. Ce faisant, il apprend à connaître l’homme dans la perspective de le conduire au bien.
Dans la seconde classe (« Franc-maçonnerie »), on trouve des grades « écossais » qui témoignent d’une influence maçonnique voulue par Knigge. Lui-même était franc-maçon et pensait que la Franc-maçonnerie pourrait être une sorte de propédeutique à l’entrée chez les Illuminés.
Au sommet du système, dans la troisième classe, les « Mystères » sont enfin connus. On découvre le « vrai » christianisme, le « vrai » message du Christ qui ramènera l’humanité à sa vérité originelle.
Ainsi les Illuminés développent une sorte de philosophie de l’histoire, une discipline de l’arcane, réservée à une élite : il aurait toujours existé des écoles secrètes de sagesse dans lesquelles se serait conservée la sagesse originelle, la haute sagesse. La Franc-maçonnerie, elle-même, serait l’héritière, peut-être sans le savoir, de cette sagesse du Christ.
Ils préconisent aussi une méthode d’action dans le monde. Les Illuminés, le bons –dans le secret qui les protégera des persécutions du mal- doivent inciter les humains, qui sont plutôt malléables, au bien et jusqu’à la création d’un gouvernement mondial qui ferait triompher le bien sur le mal comme l’a voulu le Christ.
Mais bientôt Weishaupt et Knigge se brouillent. Les derniers rituels ne sont pas rédigés. En 1785, les Illuminés sont dénigrés, notamment par les philosophes rationalistes, et si Weishaupt essaye, un temps, de justifier son entreprise, il abandonne bientôt la partie. La légende est alors en marche.
[..]"

La suite sur le site de la Loge...

The Masonic Magician : The Life and Death of Count Cagliostro and His Egyptian Rite

"[..]
La Maçonnerie de Cagliostro, qui voulait s’intégrer dans la Maçonnerie de son temps, se présente comme un système de Hauts grades « égyptiens » (non au sens de l’Egypte antique que nous connaissons aujourd’hui), déchristianisé (mais non au sens antichrétien d’aujourd’hui) c’est-à-dire se référant au Dieu unique hébraïque, commun aux 3 religions du Livre. Elle recherche non une transformation « initiatique » de ses membres mais une communication avec le monde des anges par le biais de médiums.
Les auteurs s’interrogent enfin sur les raisons du relatif succès d’une telle Maçonnerie. Ils pensent trouver une explication dans le climat religieux intolérant du continent qui, contrairement au climat religieux tolérant britannique, favoriserait une réaction contre lui en suscitant un intérêt particulier pour les sociétés plus ou moins secrètes."
L'intégralité du compte-rendu sur le site de la Loge...

samedi 10 mars 2018

Affiliation à la LNF

A l'occasion de l'Affiliation d'un Frère à la Loge L'Equerre - La Tradition Rectifiée n° 4, le Vénérable Maître est revenu sur les principes et les raisons d'une telle pratique au sein de la LNF.

Pourquoi une telle cérémonie ?

Depuis sa fondation, la LNF pratique 3 rites, où il arrive assez souvent que des Frères appartiennent à deux ou trois Loges et Rites différents. Nous avons l’habitude lorsque l’un d’entre eux s’affilie à une Loge d’un nouveau rite, de lui faire prêter l’obligation du grade d’Apprenti de ce rite.

C'est le serment qui fait le Maçon !

Sur un plan strictement traditionnel, ce qui fait le maçon, c’est le serment qu’il prête. D’ailleurs, dans le cas d’une interruption de la cérémonie, on considérerait que c’est après le serment qu’il fait vraiment partie de cette famille spirituelle des Maçons. Dans notre Loge, l’instruction morale n’est pas lue le soir même de l’initiation, mais pour autant, ce n’est pas un demi-Apprenti - parce qu’il a prêté l’obligation. Le serment est un acte d’une nature particulière, pas toujours considéré aujourd’hui à sa juste valeur. Il est performatif comme pour le serment de l’ordre des médecins ou des avocats. Le serment englobe des éléments explicites et implicites. Ce qui est le plus important, c’est l’engagement personnel, une sorte de vocation.

Souligner la spécificité du Rectifié

Sur un plan plus technique, tous les serments n’ont pas exactement la même teneur. Dans le cas du RER, il s’agit de rappeler la spécificité de ce régime.
La génération qui a connu les fondateurs va progressivement passer la main, et donc passer également la mémoire (cf. la grande célébration des 50 ans de la LNF, le 9 juin).
En 1968, il y avait peu d’Obédiences, largement dominé par GODF, pratiquant une maçonnerie qualifiée de “voie substituée” par Jean Baylot.
La volonté de la LNF était - entre autres - de rétablir le Rectifié dans ses textes d’origine, qui avaient largement été caviardés en Suisse au XIXe siècle, notamment par la suppression de la mention d’être fidèle à la Sainte religion chrétienne.

Source : site de la Loge

samedi 3 mars 2018

Les honneurs dans la Maçonnerie anglaise

"Il est important de se souvenir qu'aux yeux des maçons anglais, le système des honneurs n'est pas un ensemble de dignités superficielles et dérisoires, comme nous aurions tendance à le voir en France. Il est avant tout la reconnaissance pour des milliers de frères de leur long et sincère engagement dans la franc-maçonnerie."
Telle fut la conclusion du travail intitulé "la Loge des Grands Stewards et le système des honneurs dans la tradition maçonnique anglaise : regard d'un maçon français", présenté dans la Loge Elizabeth St Leger lettre Ɑ de la LNMF.
Roger Dachez nous a invités à changer notre "regard continental porté sur la maçonnerie anglaise [..] souvent ironique, amusé, car on la réduit très volontiers à une maçonnerie de decorum et d'honneurs." 
Ce travail de conversion du regard peut se faire grâce à une approche historique :
"Le bleu des décors anglais
Quel est ce bleu qui orne les décors anglais ? Pourquoi le choix de la couleur bleue et de quel bleu s'agit-il ? Y aurait-il, comme on le suggère trop souvent en France, un symbolisme profond lié à cette couleur ? La réponse est non.
Tout s'explique par l'histoire et la culture anglaises. D'un côté, il y a le "light blue"  (le bleu pâle de l'Ordre de la Jarretière), celui des Stuart, et de l'autre, le Garter blue (Ordre de la Jarretière d'un bleu plus foncé), celui des Hanovre. Car à cette époque, il y a deux dynasties rivales qui se distinguent de leurs deux Ordres de la Jarretière.
L'un (le light blue) sera finalement celui des Loges dites « bleues » (trois premiers grades), l'autre, le Garter Blue, celui des dignités des Grands Officiers.
En France, en 1744, dans les premières divulgations maçonniques Le secret des francs-maçons, il est stipulé  que : « les Officiers portent en Loge des colliers taillés en triangle, d'un bleu de l'Ordre du Saint Esprit », ordre suprême français à cette époque, également bleu clair, mais d'un ton différent de celui de la Jarretière.
La Grande Loge d’Écosse choisira le vert, parce que c'est la couleur de l'ordre suprême en Écosse, celui du Chardon.
Donc la couleur choisie est toujours celle de la marque de dignité la plus haute de l'Ordre de Chevalerie du pays."
La suite sur le site de la Loge...